Ce qu'en pense Franck Louvrier, conseiller de Sarkozy

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Publié le 15 janvier 2007.

Franck Louvrier, directeur de la communication de l’UMP et conseiller de Nicolas Sarkozy, a accepté de recevoir samedi 20 Minutes place Beauvau, à J-1 du sacre du candidat du parti. Visionnage de plusieurs extraits du DVD de « Hénaut Président » dans son bureau, entre deux coups de fil. Au mur, derrière lui, trône une immense affiche d’une ancienne Une du Point : « Nicolas Sarkozy vulnérable ? ».

« Ces épisodes plein d’humour ne sont pas le miroir de notre job, c’est de la pure fiction ! C’est exactement la caricature de ce qui n’existe pas, et surtout de comportements qui ne doivent pas avoir lieu. Comme quand les conseillers en com’ offrent des téléphones portables aux journalistes. Ou quand l’un d’eux dit à Hénaut « Toi, c’est la politique, nous, c’est la com’ », c’est exactement ce que je ne souhaite pas voir. Même si l’homme politique est obligé de communiquer pour gagner la bataille des idées, c’est lui qui décide. Il n’est pas un produit qu’on vend avec une stratégie marketing. D’ailleurs, je n’aime pas ce terme de « marketing politique ». On n’est pas là pour réaliser du chiffre d’affaires !

L’épisode où l’équipe de communicants monte de toutes pièces, avec la complicité d’un journaliste de « Voila », un faux adultère, suivi d’une fausse réconciliation entre Hénaut et sa femme (ndlr : clin d’œil à la liaison de Cécilia Sarkozy avec le publicitaire Richard Attias, suivie de son retour au domicile conjugal six mois plus tard, en janvier 2006), me paraît peu crédible. Déjà parce qu’en général, les hommes politiques ne sont pas contents d’apparaître dans « Voila ». Et puis tout se sait. Aujourd’hui, les Français décodent parfaitement les médias. Les mises en scène artificielles et calculées de la sorte, les Français n’y croient plus.

Au final, ce Hénaut m’inspire de la tristesse. Je me demande si à travers lui, Muller ne cherche pas aussi à caricaturer la critique permanente que les médias infligent aux politiques. Mais la classe politique, ce n’est pas ça. Il faut une volonté.

En revanche, avec la montée en puissance de toutes les chaînes d’information en continu, c’est vrai qu’on est obligé de communiquer tous azimuts. Parfois même en amont d’un Conseil des Ministres, alors qu’il y a encore quinze ans, on se serait contenté d’informer les journalistes après. La multiplication des médias, et la concurrence entre eux, nous poussent à ça ! Chaque journaliste veut de l’exclusivité, et exerce une pression. Heureusement, je travaille pour un homme qui est en action permanente, alors on n’a pas trop de mal à expliquer ce qu’il fait. Mais aujourd’hui, le politique qui n’aurait pas autour de lui une équipe maîtrisant les codes de la communication, n’arriverait pas à faire passer ses idées. D’où mon métier, qui n’existait pas il y a cinquante ans. Ces séquences, c’est en tout cas une alerte terrible pour nous, conseillers ! »

Propos recueillis par Laure de Charette

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