Affiche de Tomboy (2011)
Affiche de Tomboy (2011) - pyramide distribution

Dans Tomboy, Laure, 10 ans, va faire croire à ses nouveaux amis, le temps d’un été, qu’elle est Michael, un garçon. Salué par le public et la critique il y a déjà près de trois ans, autour de sa sortie le 20 avril 2011, le beau film de la jeune Céline Sciamma revient ce mercredi dans l’actualité avec une diffusion sur Arte, à 20h55.

Une arrivée sur petit écran qui ne passe pas inaperçue, en plein débat sur la prétendue «théorie du genre», alimenté en partie par la polémique autour de Tous à poil! et alors que le film, introduit dans les écoles via le programme «Ecole et Cinéma» est directement ciblé par une pétition lancée en novembre dernier. Lundi, Civitas a même diffusé un appel sur son site, pour «appeler les familles françaises à réagir et à empêcher la diffusion de ce film de propagande pour l’idéologie du genre». Alors, un hasard, cette programmation?

Une diffusion liée à la Berlinale

«La programmation de "Tomboy" n’est pas du tout liée à la polémique récente», affirme à 20 Minutes Olivier Père, directeur du cinéma chez Arte France, contacté quelques jours avant l’appel de Civitas. «On le diffuse à cause de la Berlinale, où il avait été découvert, au même titre que l’on diffuse Une séparation ou Confessions d’un homme dangereux. C’est décidé depuis très longtemps». Le film est sorti en avril 2011, pourquoi un tel délai? «A cause de la chronologie des médias. Il est passé sur Canal+ avant», rappelle Olivier Père.

Une coïncidence, donc, «mais je dirais plutôt que c’est une coïncidence heureuse, du moins intéressante, ajoute Olivier Père. Car elle permettra aux gens de se faire une opinion, pour décider d’eux-mêmes si ce film est choquant, offensant, ou même de parti-pris. De notre côté, il n’y a rien de militant. On est militants pour les bons films et le cinéma d’auteur». Pas question, note Olivier Père, d’assortir le film d’une soirée débat, par exemple. «Il ne s’agissait pas d’instrumentaliser la diffusion pour faire un débat social ou politique. Le film vaut beaucoup plus que ça. Céline Sciamma s’inscrit dans la lignée d’un François Truffaut avec ses films sur l’enfance comme Les 400 coups ou L’argent de poche».

… et «sans remous», assure Arte

Contacté par 20 Minutes ce mardi, au lendemain de la réaction de Civitas, Arte confirme qu’aucune déprogrammation n’est prévue, la diffusion se faisant «sans remous», «à part de rares appels». Rien à voir, ajoute Arte, avec «ce qui peut se produire sur les soirées Théma du mardi soir», consacrées à des sujets souvent polémiques. Déprogrammer un film est très rare, et si La cité du mâle l’avait été à la hâte le 31 août 2010, c’était, en tout cas officiellement, «en raison de risques encourus par une personne liée au film».

Quant à la polémique liée à la diffusion de Tomboy dans les écoles, «on l’a découvert avec beaucoup de surprise en décembre», commente Olivier Père. Lancée le 28 novembre sur Citizengo.org, la pétition demande «la cessation immédiate de toute projection du film dans les écoles», au motif que «l’école n’est pas et ne doit pas être un lieu de diffusion de l’idéologie du genre auprès des élèves». «Le film est pourtant au programme depuis plusieurs années en raison de son accueil critique exceptionnel», s’étonne Arte. La pétition compte à ce jour plus de 32.000 signataires.

Mots-clés :