Michel Hamm, au cœur du sujet.
Michel Hamm, au cœur du sujet. - G.Varela / 20minutes

Michel Hamm promène chaque jour sa chevelure abondante dans les rues du Neuhof. Incontournable, connu de tous, le chef du service éducatif de l'association Orientation-prévention-insertion (OPI), engage le dialogue dès qu'il le peut. « On a pu faire un diagnostic très précis des difficultés des jeunes en termes d'insertion. Il y a une vraie discrimination quand on vient du Neuhof. »
Loin de cautionner les agissements des trafiquants, du petit au gros, Michel Hamm constate que « les jeunes sont sans espoir. Ils ont besoin de trouver une place dans la société, et c'est la seule qu'ils ont trouvée. Ou qu'on a bien voulu leur laisser. »
La nuance est de taille. Sans en faire des victimes – au contraire –, l'association tente, sur le terrain, d'en ramener quelques-uns vers une réalité sociale plus appropriée. « On travaille beaucoup sur le rapport à l'argent, à l'effort, aux relations hommes-femmes... Finalement, ils n'ont aucun autre repère que leur quartier. On a pu aider une dizaine de jeunes l'an passé grâce au dispositif d'accompagnement collectif et individuel de proximité (DACIP). Ils étaient venus nous dire “Prendre cinq ans de prison pour dealer 20 grammes de shit, ça ne m'intéresse pas”. Il y a donc des jeunes de 18-20 ans qui ont la volonté de sortir de cette spirale. »
Et les ZSP ? « Les relations avec la police risquent d'être plus frontales. les patrouilles sont déjà nombreuses. Je pense qu'il y aurait davantage à faire sur le terrain du dialogue, de la prévention.On a créé un local pour les gens qui souffrent d'addiction, et les jeunes nous en disent du bien. » S.R.