Il n'est pas rare de trouver des cadavres de bouteilles vides, l'été, dans les parcs de la ville.
Il n'est pas rare de trouver des cadavres de bouteilles vides, l'été, dans les parcs de la ville. - G. varela/20minutes

fabienne delaunoy

Le Contrat intercommunal de prévention et de sécurité de la Communauté urbaine (CISPD), groupe créé en 2009 qui réunit les représentants de l'intercommunalité, la justice, la police, la gendarmerie et l'Etat, s'est retrouvé hier autour des problèmes de suralcoolisation dans les espaces publics. L'année dernière, un arrêté avait été pris pour la place de la République et le parc de l'Orangerie, interdisant les rassemblements alcoolisés de 22 h à 5 h. « Depuis, on a constaté là-bas des rassemblements moins fréquents et plus petits », assure Roland Ries, le maire de Strasbourg. Néanmoins, le CISPD veut continuer la réflexion pour essayer d'enrayer le phénomène qui touche particulièrement les adolescents, à partir de 13-14 ans. « On envisage peut-être d'étendre cet arrêté à l'ensemble du cœur de la ville, à la Krutenau et dans le quartier de la gare. »

« La répression avant

la prévention »
Les atteintes physiques aux personnes ont augmenté de 12 % au premier semestre 2012 par rapport à la même période l'année dernière, soit 247 faits supplémentaires. « Ces atteintes sont majoritairement liées à la suralcoolisation », a affirmé le préfet Pierre-Etienne Bisch. Si la sensibilisation auprès des jeunes et de leurs parents, notamment par le biais d'interventions dans les collèges et lycées de la CUS, fait partie du dispositif, la répression n'est pas absente, loin de là. Le préfet veut taper fort. « La répression avant la prévention : on veut donner un coup d'arrêt », a-t-il prévenu. Depuis fin mai, une équipe mobile composée d'une quinzaine de policiers, est en renfort de 2 h à 6 h dans le centre-ville. Elle a procédé à ce jour à sept opérations ciblées, contrôlé 83 débits de boissons et interpellé 36 personnes. Les acteurs de la sécurité veulent aussi prendre en compte les effets collatéraux de la suralcoolisation en ville et notamment les nuisances sonores. Depuis fin mai, un timbre-amende de 38 € a été mis en place et 70 personnes ont été ainsi verbalisées.