Certains enfants sont très gravement malades et seront opérés à leur retour.
Certains enfants sont très gravement malades et seront opérés à leur retour. - g. varela/20minutes

Sébastien Ruffet

Mardi, sur le tarmac de l'aéroport de Strasbourg. Gamliel ne peut décrocher ses yeux de la passerelle qui déverse un flot d'enfants venus d'Israël. Tous malades, mais tous souriants. « C'est émouvant de les voir enfin », confie Gamliel. Cela fait quatre mois, que ce dernier prépare, depuis Strasbourg, l'arrivée et le séjour de ces 130 enfants qui, jusqu'à dimanche, découvriront la région. « Les membres de l'association [Zichron Menachem, créée en 1990] sont venus nous voir cet hiver. Ils devaient aller en Angleterre, mais, avec les JO, ça se compliquait… Ils ont prospecté chez nous, sondé le tissu associatif de la communauté, inspecté les hôtels, ça leur a plu. On a monté un comité de pilotage, et nous y sommes. »

Animateurs et agents de sécurité
L'équipe technique déploit rapidement les chaises roulantes, arrivées par camion. Premier à descendre de l'avion, Chabib Enakar, l'un des accompagnants, s'assure que le dispositif est en place. Il s'inquiète de ne pas voir les quatre bus qui doivent récupérer les enfants. « Ils sont très fragiles, on doit sans cesse l'avoir à l'esprit. Certains doivent se faire opérer à la fin des vacances. Les médecins pensent qu'ils supporteront mieux l'intervention. Le mental, c'est important. » De leur côté, les jeunes bénévoles strasbourgeois, Nathan en tête, se préparent à accueillir les enfants : « On va tout faire pour qu'il y ait une bonne ambiance. On doit faire abstraction de leur maladie, être des moniteurs normaux. » Peu après, les gamins, en T-shirt verts – couleur de l'association – arrivent au son de chants israéliens.
Les agents de sécurité – peut-être du Mossad – gardent l'œil sur le déroulé de l'opération. Ils auront fort à faire dans les prochains jours, car les enfants (israéliens, palestiniens et strasbourgeois) ont un programme de visite chargé. Un agenda dont la majeure partie est gardée secrète par les autorités.
L'hôpital de campagne sera déployé dans l'hôtel privatisé du groupe. Pour faire tourner le tout sur une semaine, « il faut au moins 250 000 € » glisse un membre de l'organisation.

La protection civile mobilisée comme jamais

Les bénévoles de la protection civile du Bas-Rhin sont mobilisés 24h/24 pendant tout le séjour (jusqu'au 15 en Alsace, puis trois jours à Paris). « On doit avoir une ambulance disponible à tout instant, et une autre en astreinte, détaille Hervé Bigorne, le coordinateur régional. Notre médecin référent a contacté les SAMU 67, 68 et 75 pour les informer des pathologies. C'est la première fois qu'on doit gérer quelque chose d'aussi lourd. »