Le compositeur américain, en 1989.
Le compositeur américain, en 1989.

Fabienne Delaunoy

Cent ans après sa naissance, et à l'occasion du vingtième anniversaire de sa disparition, le festival Musica rend hommage au compositeur américain John Cage, et invite des artistes d'aujourd'hui à revisiter son héritage. Son attitude originale et radicale a marqué l'art contemporain.

Provocateur et modeste
John Cage (1912 - 1992), qui avait participé au festival Musica en 1990, avait déclaré qu'il n'était qu'un touriste dans la musique. « Il n'a jamais cessé d'être ce provocateur plein d'humour et de modestie alors qu'il est l'un des plus beaux exemples d'artiste désinhibé et libre », soulignent Rémy Pflimlin et Jean-Dominique Marco, respectivement président et directeur du festival. Sa vie et son œuvre sont placées sous le signe de l'expérimentation et de la liberté. A la fois compositeur mais aussi plasticien, poète, théoricien et influencé par le zen, il n'a eu de cesse de repousser les cadres artistiques de son époque, au-delà de la musique.
John Cage a ainsi ouvert la voie à decourants artistiques d'après-guerre et préfiguré des formes d'expression comme le happening, la performance ou les installations multimédias. « Marginal de la musique contemporaine », « figure de légende, expérimentateur et autodidacte », tels sont les termes employés pour décrire John Cage autour duquel les artistes du festival Musica vont réinventer les démarches défendues par l'artiste américain avec la promesse des organisateurs d'offrir des résultats imprévisibles.

légendaire

John Cage se résume en deux phrases. « Je n'ai rien à dire, et je le dis », qu'il adressa aux membres de l'Artist's Club de New York en provocation. « Si un son vous dérange, écoutez-le ! », qu'il asséna jusqu'à sa mort, le 12 août 1992, à New York.