« L'arrêter quand bon nous semble »

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Publié le 10 juillet 2012.

nucléaire A 28 ans, c'est lui, Florien Kraft, qui dira s'il faut fermer ou non la centrale de Fessenheim

Il y a tout juste deux ans, Florien Kraft, alors âgé de 26 ans, prenait ses fonctions à la tête de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), division Strasbourg. A peine sorti de polytechnique et des mines, ce franco-allemand né à Francfort profite du poste qui se libère pour venir en Alsace. « J'avais envie de rester sur ce côté ingénieur, et en même temps il y avait la dimension franco-allemande du poste qui m'intéressait. Et depuis Fukushima, être bilingue, c'est une vraie valeur ajoutée. »
Nos voisins suisses et allemands se posent beaucoup de questions sur Fessenheim, et les échanges, avec lui, se font très naturellement. Dans son bureau se trouve une carte aérienne de la centrale lorraine de Cattenom, qu'il doit aussi superviser. Et quand le téléphone sonne, c'est pour évoquer le renforcement du radier (la plaque de béton qui protège le sol des fuites) de Fessenheim.

Rendre les choses simples
Florien Kraft prend aussi le temps d'expliquer le fonctionnement d'un réacteur nucléaire, sans ciller, même si c'est la millième fois. Un sacerdoce pour lui. « J'ai une vraie mission de communication et de transparence à la fois. C'est même une évidence. Les gens ont le droit de savoir ce qui se passe dans les centrales. On essaye d'être le plus pédagogue possible, de rendre les réponses compréhensibles et ça rend les choses parfois un peu difficiles. » Ce jeune papa de deux petites filles suscite aussi la curiosité. Quand, sans le connaître, on l'interroge sur son métier, la réponse étonne toujours : « Les gens posent beaucoup de questions. ça alimente clairement la conversation ! Et parfois je me dis que mon poste a quelque chose de gratifiant quand les gens me disent merci. Là, je me dis : « Je n'ai pas servi à rien ». »
Depuis Fukushima, Fessenheim lui donne beaucoup de travail. Pas un problème pour Florien, qui estime « travailler pour la bonne cause. Je suis fonctionnaire, payé par la communauté, donc j'essaye de rendre ce que je peux. » En toute indépendance : « On ne subit aucune pression, et c'est important de pouvoir arrêter la centrale quand bon nous semble, si on l'estime nécessaire. » Drôle de responsabilité.

sébastien ruffet
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