Pour les puristes, le numérique ne remplacera jamais le grain unique de la pellicule.
Pour les puristes, le numérique ne remplacera jamais le grain unique de la pellicule. - g. varela / 20minutes

sébastien ruffet

Cadence de la bobine qui tourne, lumière feutrée... l'ambiance d'une salle de projection a quelque chose de magique. Ou plutôt avait. Quand Nicolas Schwartz, opérateur-projectionniste du Star, passe le doigt sur le film pour enlever la poussière, il sait qu'il fait là un geste appelé à disparaître. « Tout mon bagage technique est balayé, dit-il sans amertume. Quelque part, ça me plaît de connaître la fin de la pellicule, même si pour moi, au niveau du rendu, le numérique sera toujours en dessous. »
Pour le son au moins, le numérique va révolutionner la salle strasbourgeoise. L'adaptation était indispensable car aujourd'hui, les distributeurs préfèrent envoyer des copies numériques, bien moins chères que les bobines (plusieurs centaines d'euros la copie), quitte à remiser une vénérable machine qui tourne chaque jour depuis 1947.

74 000 euros l'appareil
« C'est une mutation qui s'est accélérée depuis deux ans, note Georges Heck, responsable du département audiovisuel et cinéma à la CUS. Elle représente un investissement conséquent, de l'ordre de 74 000 euros par écran. Le Star et le Saint-Ex n'ont pas forcément les moyens de tout supporter alors, avec la région et la CUS, on finance un tiers de l'opération. » Encore fragile financièrement, le Star « a traversé le feu, selon Georges Heck. Mais il peut voir l'avenir sereinement. » Nicolas, obligé de s'adapter, est « devenu informaticien. Mais, non, ils n'auront pas la peau des projectionnistes ! »

plus jamais de films en 35 mm ?

La part de l'Ange est encore en programmation jusqu'à dimanche au Star. Ce sera, a priori, le dernier film diffusé sur pellicule 35 mm dans le cinéma strasbourgeois. Deux salles resteront toutefois équipées pour passer des bobines, histoire de ressortir quelques raretés non numérisées à l'occasion de festivals ou d'événements.