Le nucléaire se « cache » également dans l'imagerie médicale.
Le nucléaire se « cache » également dans l'imagerie médicale. - G. varela / 20minutes

sébastien ruffet

On le sait désormais, il y a un avant et un après Fukushima. Un an après la catastrophe nucléaire au Japon, toutes les centrales françaises ont été passées au scanner, dont Fessenheim. En juillet 2011, 40 réserves avaient été émises pour le site alsacien. Un an plus tard, l'ASN se félicite « de performances satisfaisantes. Il y a également eu un net progrès dans le contrôle des prestataires », souligne Florien Kraft, chef de la division Strasbourg de l'ASN.
La « vieille » centrale a tout de même subi 33 incidents, dont 3 de niveau 1. « Mais à chaque problème, aussi petit soit-il, c'est tout le parc français qui doit suivre une nouvelle norme. » Autre bémol émis par l'autorité, la radioprotection insuffisante des travailleurs. Un domaine dans lequel EDF ne s'est pas amélioré : « Il y a eu de nombreux franchissements des balises de sécurité. »

Rayons X ou gamma
Mais l'ASN ne se contente pas d'inspecter les centrales nucléaires. Tout ce qui est radioactif est pris en compte.
Des agents contrôlent ainsi régulièrement l'appareillage médical qui envoie de fortes doses dans le corps des patients : « Un scanner passé, c'est 50 % de la dose annuelle acceptée pour un travailleur du nucléaire, continue Florien Kraft. On a souvent le souci du détail, on veut bien voir les radios, alors on pousse un peu la machine, on augmente les doses... On essaye de sensibiliser les services médicaux à ce problème, et le message est en train de passer. »
De 2002 à 2007, les doses de rayons X ou gamma utilisées avaient augmenté de 50 %. Depuis, les médecins ont la main un peu plus légère mais restent sous surveillance.
Si les hôpitaux ont une connaissance assez pointue de leur matériel, ce n'est pas toujours le cas des dentistes ou des vétérinaires. Eux aussi utilisent l'imagerie médicale, et si les doses sont plus faibles, elles n'en restent pas moins dangereuses en cas de défaillance.
Les 11 inspecteurs de l'ASN Alsace ont ainsi procédé à 75 contrôles dans le secteur médical, contre 50 pour la centrale et 30 pour l'industrie.