Après le papier magazine, l'usine strasbourgeoise Stracel devrait produire du carton ondulé.
Après le papier magazine, l'usine strasbourgeoise Stracel devrait produire du carton ondulé.

sébastien ruffet

Le finlandais UPM a finalement réussi à trouver un repreneur pour son usine de papier magazine de Strasbourg, Stracel. Après avoir audité 197 repreneurs potentiels, le groupe finalise le dossier avec deux d'entre eux exclusivement.
L'inquiétude des salariés est réelle depuis des mois, et le président du groupe UPM France, Jean-Marc Louvet regrette de ne pas avoir pu communiquer avant : « Les syndicats n'ont pas pu être tenus au courant en raison d'une clause de confidentialité. »
C'est en fait une association – une joint-venture – de la société belge VPK Packaging Group NV et du groupe familial allemand Klingele Papierwerke qui va reprendre le site. Au menu, 100 millions d'euros d'investissement pour transformer l'usine. Elle ne produira plus du papier magazine (le secteur est en surproduction), mais du carton ondulé.
Les salariés, eux, sont sceptiques. Car le futur propriétaire a déjà prévu de supprimer les 250 postes pour en recréer 130, avec priorité donnée aux anciens salariés, via la cellule de reclassement.

Les réactions n'ont pas tardé
Pour le président du conseil général du Bas-Rhin, Guy-Dominique Kennel, « c'est un réel espoir de développement. Toutefois, l'annonce des suppressions d'emplois est naturellement une mauvaise nouvelle pour les salariés mais aussi pour l'économie alsacienne. »
Le député socialiste de Strasbourg Sud, Philippe Bies, a lui tenu à « saluer l'attitude responsable des salariés pendant cette période d'incertitude » qui aura duré près d'un an.
Les salariés ont décidé mardi après-midi d'arrêter la production pour organiser un grand débat sur les discussions à suivre avec la direction. En jeu, une prime de motivation pour assurer la production jusqu'au bout, et un accès prioritaire assuré aux futurs ex-Stracel sur les nouveaux postes.

la filière bois peut aussi respirer

Au-delà des salariés de Stracel, l'inquiétude planait aussi sur la filière bois. 1 300 emplois dépendent de Stracel en Alsace.