Philippe Bies est devenu, dimanche, le deuxième député socialiste de Strasbourg.
Philippe Bies est devenu, dimanche, le deuxième député socialiste de Strasbourg.

Philippe Wendling

Strasbourg compte désormais deux socialistes à l'Assemblée. Armand Jung a gardé son fauteuil, dimanche, dans la 2e circonscription (centre, Elsau), Philippe Bies a battu le député UMP Jean-Philippe Maurer dans la 3e (Bourse, Meinau, Illkirch). « Hormis la victoire du tandem UMP Keller-Grossmann à la mairie en 2001, qui apparaît de plus en plus comme une parenthèse, le PS ne cesse de progresser depuis que Catherine Trautmann a été élue maire en 1989, pointe le politologue Richard Kleinschmager. A deux ans des municipales, les législatives sont un signal fort. » Philippe Bies acquiesce : « Nous montrons que nous sommes bien ancrés. Dimanche, nous avons profité de la dynamique de François Hollande, mais nous récoltons aussi les fruits de notre travail sur le terrain. »

Pas encore de candidat
« L'élection de Philippe Bies ne rendra pas plus difficiles les municipales de 2014, rétorque André Reichardt, le leader UMP du Bas-Rhin. L'Alsace n'a fait que ratifier le mouvement en faveur de Hollande. Dans deux ans, en raison de la situation économique dans laquelle il va mettre le pays, les électeurs changeront d'avis. » « Nous devons exposer davantage notre projet en matière d'emplois, de vie quotidienne, montrer que l'enjeu des municipales n'est pas celui d'un scrutin national », dit la sénatrice Fabienne Keller, qui ne cache qu'à demi-mot son envie de représenter l'UMP dans la course à la mairie. Et elle n'est pas la seule. « Je ne sais pas quand nous choisirons notre candidat. Jean-Philippe Maurer aurait pu jouer un rôle, mais là, ça paraît compromis », note André Reichardt, qui semble aussi sur les rangs. Au PS, on ne s'avance pas plus. « Trop tôt », dixit son secrétaire Mathieu Cahn. Et pour cause, l'édile Roland Ries n'annoncera « qu'à la fin 2013 » s'il se représentera ou non. « Philippe Bies pourrait-il lui succéder ? », s'interroge Richard Kleinschmager. Réponse de l'intéressé : « Non, car je veux assurer toute la durée de mon mandat de député. »Lire aussi p. 8 et 10