Chifumi a collé, lundi, une trentaine de tombolas dans Strasbourg, dont deux gagnantes.
Chifumi a collé, lundi, une trentaine de tombolas dans Strasbourg, dont deux gagnantes. - G. Varela / 20 Minutes

Propos recueillis par Philippe Wendling

Son vrai nom, Chifumi ne préfère pas le donner. Cette figure de la scène street-art alsacienne, ancien élève des beaux-arts, prône une part de clandestinité. Son dernier projet : une tombola urbaine*. Il vient de coller 100 œuvres identifiées par son pseudo, à Strasbourg, Colmar et Mulhouse. Elles contiennent chacune des languettes à tirer, dont certaines permettent de gagner une sérigraphie limitée.

Pourquoi organisez-vous

cette tombola urbaine ?
Mon but est de proposer une autre façon de parcourir la ville que celle d'aller quotidiennement d'un point A à un point B. Je veux que les gens la redécouvrent, l'explorent. Mais pour cela, il faut une carotte sinon ils ne prendront pas la peine de changer leur itinéraire.

La tombola est aussi un moyen de vous faire connaître ?
Bien entendu, car en tant qu'artiste urbain, j'ai peu accès aux galeries. Mais je ne m'en plains pas, car je suis contre la commercialisation des œuvres de street-art. Elles sont destinées à la rue et donc doivent être offertes gratuitement au regard.

Pourquoi agir dans l'illégalité et ne pas recourir aux panneaux d'expression libre ?
Cela va dans ma démarche de gratuité de l'œuvre. C'est une façon de montrer que je ne travaille que pour le spectateur. Quitte à enfreindre quelques lois, à prendre des risques, c'est aussi le meilleur moyen de laisser s'exprimer ma liberté et ma spontanéité.
Il y a deux ans, la mairie voulait vous poursuivre pour avoir posé des affiches "stationnement gratuit" sur des horodateurs...
Je n'ai jamais été inquiété. D'ailleurs, je vais recommencer l'opération à plus grande échelle. Je vais imprimer des autocollants "stationnement gratuit" et les distribuer à Strasbourg, pour que les gens s'autorisent un acte incivique de temps en temps. On peut voir ça comme de la politique, mais ce n'est pas ce que je recherche. Je fais juste de l'art.