Le TGV-Est a déjà été emprunté par 60 millions de passagers.
Le TGV-Est a déjà été emprunté par 60 millions de passagers.

Philippe Wendling

Depuis son lancement il y a tout juste 5 ans, le 10 juin 2007, le TGV-Est a « transporté 60 millions de passagers », se réjouit Jacques Mazars, son directeur. S'il ne dévoile pas leur nombre sur le seul axe Strasbourg-Paris, il précise que sa fréquentation a progressé de 8 % en 2011. Selon nos infos, ses usagers avoisinaient alors les 2,8 millions. Parmi eux Nathalie, croisée jeudi à la gare. « Je prends régulièrement ce TGV pour des raisons professionnelles et personnelles, dit la chercheuse. Avant 2007, on mettait 5 heures [en Corail]. C'était long. Maintenant en 2 heures 20, c'est mieux, mais trop cher. J'ai réservé mon billet il y a plus d'un mois donc il me revient cette fois à 25 €, mais il m'est arrivé d'en dépenser une centaine. » Récurrente, la question du prix vient d'être soulevée dans un rapport de la Chambre régionale des comptes. « Les tarifs pratiqués se sont révélés supérieurs de 36 à 54 % à ceux pratiqués avant la mise en service » du TGV, analyse-t-elle, pointant aussi une tarification complexe. En partance jeudi pour Paris, Cindy, une commerciale, a payé « 75 € l'aller et 90 € le retour ». Gilles, photographe, s'est vu facturer 53,40 € un aller et autant un retour pour ce vendredi.

Pas d'offre low-cost
« Le montant est lié à la charge d'exploitation, précise Christian Durr, le directeur commercial de la LGV-Est. On a mis au point une politique de petits prix, mais la difficulté est de remplir les trains en période creuse. Pour le faire, on propose de très bons tarifs, mais de ce fait il faut aussi que les gens acceptent de payer plus en période de pointe. » Selon lui, « le prix moyen d'un billet sur la ligne est de 65 €, mais huit clients sur dix paient moins. En outre, la LGV-Est est celle proposant le plus d'offres Prem's », les moins chères.
Elle ne disposera pas, en revanche, de tickets low-cost à moins de 25 €, comme la SNCF envisage d'en commercialiser l'an prochain entre Marne-la-Vallée, Marseille et Montpellier. « Le projet ne concerne pas l'Est », confirme Jacques Mazars. Autre mauvaise nouvelle pour les voyageurs, le tarif des billets sur la LGV-Est augmentera en 2016, date à laquelle les trains ne mettront plus que 1 heure 50 pour rallier Paris.