Embouteillage sur l'autoroute A 35.
Embouteillage sur l'autoroute A 35.

Arnaud Guiguitant

Le Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg s'achemine vers une voie de garage. Selon l'agence Reuters, qui cite une source anonyme, l'Etat aurait décidé jeudi « d'abandonner le projet GCO pour des raisons politiques ». Vanté par la droite, critiqué à gauche par le PS et Europe-Ecologie-Les Verts (EELV), le projet de 750 millions d'euros, censé désengorger le trafic de l'autoroute A 35, était en sursis depuis le changement de présidence.

Une décision « officielle » après

les législatives ?
Très vite, jeudi, les réactions à cette annonce ne se sont pas fait attendre. « C'est une bonne nouvelle, s'est réjouie Andrée Buchmann (EELV), vice-présidente de la CUS, en charge de l'écologie et du développement durable. Le président tient ses engagements, car l'abandon du GCO était inscrit dans l'accord PS-EELV. Il faut maintenant un autre choix de développement, fondé sur la prise en compte de l'environnement », a poursuivi l'élue. Ne voulant pas se précipiter, l'écologiste et adjoint au maire de Strasbourg, Alain Jund, a précisé que « si une décision officielle devait être prise, elle le serait après les élections législatives ». Se félicitant de la nouvelle, il continue néanmoins à dire que « ce projet n'a aucun sens et qu'il faut l'abandonner. A une période où les crédits publics sont rares, consacrer 750 millions d'euros à un projet, qui ne désengorgerait pas Strasbourg, c'est marcher sur la tête », a-t-il réagi.
Militant pour un abandon du projet, les membres du collectif « GCO Non merci » auront finalement trouvé un écho favorable à leurs nombreuses manifestations. Jeudi, ils n'y croyaient pas : « Est-ce bien vrai ? s'est exclamé Dany Karcher, maire de Kolbsheim et militant anti-GCO. Je reste prudent, mais on n'aura jamais été aussi près du but. »
Au conseil régional, on préférait jeudi ne pas commenter la nouvelle. « On ne souhaite pas se prononcer. On attend de voir si l'Etat confirme ou pas. »