Une cartographie des « rues pipi »

Insolite Un Strasbourgeois publie sur le Net les ruelles « où uriner avec un minimum d'intimité »

Philippe Wendling

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Rue Frédéric-Piton, une ruelle perpendiculaire à la place Kléber recensée sur la carte, le pipi sauvage est un fléau.

Rue Frédéric-Piton, une ruelle perpendiculaire à la place Kléber recensée sur la carte, le pipi sauvage est un fléau. — G. Varela / 20 Minutes

A se faire dessus de rire ? Pas sûr. Florian Rivière propose depuis lundi de télécharger, via le site maps.google.fr, « Rue Pipi, une cartographie des ruelles du centre-ville strasbourgeois propices à uriner avec un minimum d'intimité de jour comme de nuit ». La liste, qui est amenée à évoluer, propose déjà vingt artères, dont l'impasse de la Bière et la rue du Savon. « Elles sont toutes connues pour ça, explique Florian. J'ai fait le tour à vélo pour les vérifier et en repérer d'autres. » Signée Institut géographique pirate, un organisme de son invention, la carte est d'abord une démarche artistique. « C'est un acte de piraterie de l'espace urbain et de détournement d'un objet, une carte, à une fin insolite, précise celui qui anime par ailleurs Démocratie créative, un collectif de promotion du street art. En outre, s'il ne s'agit pas d'encourager les gens à faire pipi dans la rue, même si chacun d'entre nous l'a déjà fait, c'est une façon de parler d'un vrai phénomène urbain. »

Un besoin pressant de solutions
Plus qu'un phénomène, « un énorme problème. Tous les matins, j'appelle les services de la CUS pour qu'ils viennent nettoyer », témoigne Isabelle, la gérante du salon Coiff1rst, rue Frédéric-Piton, à côté de la place Kléber. « Les gens ne connaissent pas tous le nom de ma rue, alors ils disent que c'est celle qui sent la pisse. L'été, avec la chaleur, c'est dur, déplore-t-elle. Il nous est arrivé d'arroser ceux que l'on a vu uriner. Je ne sais plus quoi faire. »
Le problème, estime Florian Rivière, résulte « d'un manque de toilettes publiques, notamment la nuit. Il faut en ouvrir 24 h/24. » Pour Olivier Bitz, l'adjoint au maire (PS) à la sécurité, le souci est plus lié à une question d'attitude que d'infrastructures. « Ce phénomène, qui touche toutes les grandes villes, nous le condamnons. Il est d'ailleurs sanctionné, depuis un arrêté municipal de 1869, par une amende de catégorie 1, soit 35 €. La police dresse quelques verbalisations chaque année, mais il est difficile de prendre les gens sur le fait. C'est à eux de prendre leurs précautions avant de quitter un endroit. »
Estimant que la carte « Rue pipi » est un « encouragement » à la pratique, Olivier Bitz va prendre des mesures pour faire cesser sa diffusion sur le Web.

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