Jean-Marie Brom (avec le mégaphone) lors d'une manifestation anti-Fessenheim, en mars 2011.
Jean-Marie Brom (avec le mégaphone) lors d'une manifestation anti-Fessenheim, en mars 2011. - G. Varela / 20 Minutes

Ni Fessenheim, ni aucune centrale du parc français, ne nécessite d'être fermée pour des raisons de sécurité, estime l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Dans un rapport remis hier au Premier ministre, qui l'avait commandé après le drame de Fukushima, l'organisme préconise uniquement qu'EDF renforce « la robustesse » de ses installations. Exemple, il lui demande « des études indiquant de façon précise le niveau d'eau » sur le site de Fessenheim « en cas de rupture des digues du Grand canal d'Alsace et d'évaluer les conséquences qui en découlent ». Il rappelle également que son radier – comprendre la dalle sur laquelle reposent les réacteurs – doit être renforcé « avant le 30 juin 2013 ». La « gestion des essais de maintenance des matériels » doit, elle aussi, être « améliorée ».

Une décision politique
Pour le physicien Jean-Marie Brom, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire, le « rapport est vide. Il est avant tout politique dans le sens où l'ASN dit que tout va bien, et religieux car, en cas de problème, nous n'aurons plus qu'à prier pour qu'il ne se passe rien ». Egalement membre du collectif, Rémi Verdet renchérit : « C'est catastrophique, mais on ne pouvait pas s'attendre à autre chose de l'ASN, qui, bien que se disant indépendante, est sous la tutelle de l'Etat. » Son « postulat a toujours été que le nucléaire doit continuer, déplore Alain Jund, porte-parole des Verts-Alsace. C'est le politique qui a décidé de lancer le nucléaire, c'est à lui de prendre maintenant la décision de l'arrêter. »
Election oblige, les opposants à la centrale haut-rhinoise attendent désormais beaucoup des candidats à la présidentielle d'avril-mai. La plupart d'entre eux se sont déjà prononcés pour sa neutralisation, à l'instar de François Hollande (PS) et d'Eva Joly (Europe écologie). « S'il se présente à sa propre succession, dans le but de couper l'herbe sous le pied de Hollande, Nicolas Sarkozy pourrait très bien annoncer sa fermeture », lance Rémi Verdet. Et ce « dès 2013 », ajoute Jean-Marie Brom en ouvrant les paris.

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