« La misère au quotidien »

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Publié le 18 octobre 2011.

Social Les associations se mobilisent pour lutter contre la précarité

Sur la piste cyclable qui longe les voies ferrées de la gare SNCF, on presse le pas pour être sûr d'avoir une table. Il est midi, rue du Rempart, et c'est l'heure du coup de feu au restaurant La Fringale. Tenu par les bénévoles des Restos du cœur, il sert quelque 500 repas par jour aux plus défavorisés. « Sans eux, on ne mangerait pas à notre faim, avouent Agnès, 50 ans, et son compagnon Fouad, 45 ans. Nos revenus sont insuffisants. Après avoir payé le loyer et les factures, on n'a plus grand-chose pour se nourrir. On fait donc nos courses en Allemagne parce que c'est moins cher, mais c'est quand même dur. » 

Les salariés aussi touchés
Alors que se tenait, hier, la journée mondiale du refus de la misère, pauvreté et extrême précarité se côtoient à La Fringale. Sans-abri, familles monoparentales, immigrés, travailleurs pauvres, de nouveaux visages débarquent ici tous les jours. « En 2005, on servait 145 repas au quotidien. C'était déjà beaucoup. On a depuis triplé le nombre », déplore la bénévole, qui s'inquiète de la spirale de la misère. « On peut très vite tomber dans la précarité. Elle se vit au quotidien. C'est ensuite très difficile de remonter la pente », poursuit-elle.
Au Secours populaire, on s'aperçoit que la misère touche aussi les salariés. « Il y a des femmes, avec des contrats de 28 heures payés au Smic, dont les revenus ne suffisent pas, ou des seniors avec des retraites trop faibles », constate Pauline Meyer, la directrice de l'association, qui aide 120 familles dans le Bas-Rhin. « On a dû refuser une trentaine de dossiers. Mais les demandes vont continuer, et avec l'hiver qui arrive, on va poursuivre notre distribution de vêtements chauds et de sacs de couchage. »
Même constat à Médecins du monde. La crise du logement pousse certains à une vie d'errance. « Cette population augmente, explique Catherine Frapard, la responsable de la mission mobile. Lors de nos maraudes, on voit de plus en plus de jeunes en rupture familiale ou des salariés qui dorment dans leur voiture. Et la crise n'a rien arrangé. »

Arnaud Guiguitant
Des repas chauds servis à bord d'un bus

L'association L'Abribus reprend, à partir de samedi, sa distribution de repas chauds pour les personnes les plus démunies. Ils sont servis tous les jeudis, samedis et dimanches soirs, jusqu'en avril, à bord d'un bus spécialement aménagé. Face à la forte demande (230 couverts par tournée), l'association recherche des bénévoles et des chauffeurs pour conduire le bus.

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