Sur les portes, à côté d'affiches appelant à l'élection de représentants des parents d'élèves, d'autres proposaient : « Donnez un nom au changement ». L'école Schoepflin a accueilli, hier, deux des 33 bureaux de vote aménagés dans la ville pour la primaire socialiste (90 dans le département). A l'extérieur, Fatiha, 44 ans, semblait plus motivée que jamais de passer dans l'isoloir. « Outre permettre de choisir le candidat qui correspond le plus à ses idées, en donnant la parole aux citoyens, la primaire est une formidable expérience démocratique », se réjouit cette informaticienne au Conseil de l'Europe. Pas de souci donc pour elle au moment de s'acquitter de l'euro exigé par le PS pour payer l'organisation du scrutin. Celle-ci est estimée entre 1,5 et 3 millions d'euros à l'échelon national, à 17 000 € dans le département.
Une forte mobilisation
« Je vais donner 5 €. C'est normal de participer aux frais », dit Fatiha. « C'est 1 € symbolique, j'aurai participé même à 10 € car le moment est important pour la gauche », poursuit Angelo, 26 ans, employé administratif. « Cela va en dissuader certains de venir faire les imbéciles en votant n'importe quoi », pointe Sylvie, une sympathisante PS. « On n'allait pas demander à l'Etat de couvrir les frais », ironise Bénédicte, 31 ans. Croisé devant une boulangerie rue du 22-Novembre, Michel, un ouvrier de 39 ans, « pourtant à gauche », ne partage pas ces opinions : « Payer pour voter ? Je gagne le Smic, alors avec 1 € je préfère acheter une baguette. »
Quoi qu'il en soit, l'argent n'a pas freiné la mobilisation. La preuve par exemple à Obernai, où près de 300 votants se sont présentés quand le PS en attendait une centaine. Résultat, des bulletins de vote en sus ont dû être livrés d'urgence dans la journée. Le parti avait pour objectif les 10 000 électeurs dans le département. Ils étaient plus du double à voter, principalement Hollande et Aubry.