«Il fait chaud. Buvez de l'eau. Connaissez-vous Café contact de l'emploi ? », lâche Paul Landowski, son président, hier, au milieu du rayon boissons d'Auchan-Hautepierre. Les yeux rivés sur sa liste de courses, une jeune femme avance gênée. « Cela ne m'intéresse pas. » Paul reprend de plus belle : « Nous mettons en relation des sociétés et des chômeurs en glissant des curriculum vitae dans ces packs d'eau Celtic. » Interloquée, la consommatrice stoppe son chariot. « C'est original, mais je ne suis pas employeur », dit-elle. « Ce n'est pas grave, vous n'aurez qu'à donner les CV à des amis. On ne sait jamais », insiste Paul. Pari réussi ! La jeune femme repart avec un pack. Emmanuel, peintre sans emploi depuis mars, s'arrête à son tour. « Je suis intéressé pour mettre mon CV. C'est possible ? » Accord de principe. Il sera de la prochaine série.
Quatre emplois à la clé
Depuis le lancement de l'initiative il y a deux ans, « on a glissé des curriculum vitae dans 150 000 packs d'eau », explique Didier Reppert, responsable commercial chez Celtic. « Nous avons ainsi présenté 64 profils », précise Paul Landowski, l'initiateur de la démarche. Son leitmotiv : « Le travail, comme l'eau, est vital » Certes, mais est-ce que ça marche ? Quatre personnes ont trouvé un job par ce biais, cinq ont été rémunérées pour expliquer le concept dans des supermarchés. « Certains diront que c'est peu, mais c'est faux, réagit Paul. L'important est de créer du lien, de montrer qu'il y a des gens volontaires. » Anne, 28 ans, opine du chef. Grâce au dispositif, elle a été embauchée dans l'animation, puis dans le social. « C'est une façon de faire quelque chose, de se motiver, de reprendre confiance en soi. » Pas question donc pour Café contact de mettre fin à l'initiative. « En plus des CV, nous allons glisser des offres d'emploi dans les packs, s'enthousiasme son président. Nous cherchons également à développer le principe dans d'autres régions et autour de nouveaux produits. »