Pub « sexiste » et flambée de critiques

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Publié le 21 avril 2011.

Contestation Un happening a été organisé, hier à 18 h 55, devant un restaurant de la Grand'rue

«Nous sommes en colère. Une fois de plus, la femme est jetée en pâture à travers une publicité », lance au mégaphone Irène Tabellion. Il était un peu moins de 19 h, hier, au milieu de la Grand'rue. Autour de la présidente de l'association La lune, une trentaine de militantes et militants féministes venus « faire cadeau de leurs vieilles culottes » à un restaurant de tartes flambées. L'objet du délit, le propriétaire du lieu utilise, en guise de réclame et de set de table, la photo en gros plan d'une petite culotte (ornée d'une coiffe alsacienne) baissée en dessous des genoux d'une jeune femme. Son slogan : « Le terroir alsacément plus sexy ».

Second degré ou pas ?
« En tant que femme et féministe, je ne peux pas accepter une telle publicité sexiste, peste Irène. Nous sommes humiliées. Comment laisser passer ça, surtout pour du flammekueche, un produit du terroir. Il faut qu'on m'explique où est le rapport avec une culotte. »
« Alors qu'il y a de plus en plus de violences contre les femmes, cette pub donne l'image d'une femme consommable, d'un objet de consommation, poursuit une autre participante du happening. Comment voulez-vous ensuite expliquer aux jeunes ou aux enfants dans les cours de récréation qu'il faut respecter les filles ? » Arborant un autocollant « Mon corps m'appartient », Marie, membre du collectif Les Poupées en pantalon, note un détail : « Dans la pub, au lieu de " service jusqu'à minuit ", c'est écrit " sevice ". On se demande si c'est ou non une erreur de frappe. »
De sa salle, le gérant du restau scrute la scène, mais refuse de parler. « Il y a vraiment des gens qui n'ont rien d'autre à foutre qu'emmerder ceux qui bossent, nous lâche un serveur. Cette pub est moderne et colorée. Elle est faite pour faire sourire. »
« Si c'est de l'humour, alors qu'il fasse la même chose avec un homme qui baisse son caleçon, pointe Jean-Philippe Restoueix, le président du Centre LGBTI, comprendre gai et lesbien. Là, peut-être qu'on pourra croire que cette pub débile n'est que du second degré. »

Philippe Wendling
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