Le 12 février 2015, les transports urbains (sauf les réseaux souterrains de transports ferroviaires) devront être accessibles aux personnes handicapées. « A ce jour, 70 % des autorités organisatrices de transport n'ont pas encore finalisé leur schéma directeur d'accessibilité, à réaliser avant le 12 février 2008. Trois ans de retard pour un simple document programmatique ! », pointe l'Association des paralysés de France (APF)

Renforcer l'intermodalité
Le salon Intermodes, qui ouvre aujourd'hui à Bruxelles et dont 20 Minutes est partenaire, va consacrer une partie de ses débats à l'accessibilité des transports en Europe. Une des réponses suggérées par ses organisateurs pour améliorer l'accessibilité : l'intermodalité. Plus les voyages seront fluides, moins les changements seront longs, plus les transports seront attractifs.
« Beaucoup de villes se félicitent d'avoir remplacé toute leur flotte de bus par des bus adaptés. Mais si parallèlement elles n'ont pas rendu leur voirie accessible cela ne sert à rien », relève Jean-Marie Barbier, président de l'APF. Maria Nyma, de l'European disability forum, organisation de personnes handicapées, s'étonne aussi que « les autorités n'aient pas un regard global. Des législations sont adoptées dans le monde du ferroviaire, mais il n'y a quasiment rien dans le transport maritime. On rend les bus accessibles, mais on ne forme quasiment pas les chauffeurs à attendre les personnes à mobilité réduite, et à adapter leur conduite. L'approche intermodale est essentielle. »
La pire des démarches pour ces spécialistes est la séparation des transports des personnes handicapées, de celui des valides. « A Nice, le maire a développé un système de transport à la carte pour les personnes à mobilité réduite, sans s'occuper d'améliorer les transports en commun. Ça va lui coûter beaucoup plus cher, et ce choix est totalement opposé à l'esprit de la loi qui dit bien qu'il faut adapter ses transports. A l'inverse, des villes comme Grenoble et Saint-Étienne ont rendu leurs trams accessibles, ce qui a profité à l'ensemble de la population. Et la fréquentation des transports a augmenté. »M. Bosredon

Strasbourg, 23e ville accessible selon l'APF

Strasbourg est la 23e ville la plus accessible pour les personnes handicapées, selon un baromètre 2010 que publie aujourd'hui l'Association des paralysés de France. Elle arrive ex aequo avec Saint-Étienne et Lille. L'an passé, Strasbourg ne figurait qu'à la 66e place du classement. Sa remontée, elle la doit à « une politique locale volontariste » en faveur de la mobilité des usagers handicapés, souligne l'Association des paralysés. Elle pointe, en revanche, encore des lacunes en matière d'accessibilité « dans les équipements municipaux » et « de cadre de vie adapté ».