Lors des manifestations, de nombreux commerces du centre deviennent inaccessibles.
Lors des manifestations, de nombreux commerces du centre deviennent inaccessibles.

Sonia de Araujo

Les commerçants du centre-ville prennent cher. Le conflit contre la réforme des retraites, la multiplication des journées de grèves et des manifestations, nuisent à leurs affaires. « Ils en ont ras-le-bol et sont très inquiets », lance Pierre Bardet, le directeur général des Vitrines de Strasbourg. Une exaspération qui va grandissante. L'Unef appelle à une nouvelle journée d'action aujourd'hui (lire ci-dessous) avant la grande manifestation interprofessionnelle de jeudi.

Une perte de 30 % du chiffre d'affaires
Depuis le début du mouvement, le chiffre d'affaires de certaines enseignes a diminué de 20 à 30 %. « Les clients fuient le centre-ville. Le soir, nous n'avons plus notre rush des sorties de bureaux, explique la responsable d'une boutique de prêt-à-porter, située place Kléber, sur le trajet des manifestations. Du coup, on minimise les pertes. On réadapte nos objectifs en terme de chiffre d'affaires et de main d'œuvre. » Même constat dans un magasin de produits de beauté, rue de la Haute-Montée : « Beaucoup de nos clients viennent de Colmar et de Mulhouse alors avec les problèmes d'essence et la grève dans les transports, il leur est difficile d'arriver ici ». Par mesure de précaution, lors des échauffourées entre la police et les lycéens, vendredi, le Printemps a fermé à plusieurs reprises ses rideaux. Toutefois, certains commerces maintiennent leur chiffre. « Au moment de la dispersion des manifestants, beaucoup de jeunes viennent faire des achats dans notre boutique », explique la gérante d'une enseigne de vêtements, place de l'Homme-de-Fer. Fin septembre, Pierre Bardet avait demandé à la préfecture un changement du tracé de la manifestation. Une requête restée sans réponse.