Au collège Hans-Arp, situé entre les quartiers de la Montagne Verte et de l'Elsau, c'était hier l'heure de la rentrée pour les élèves de 5e. Après le traditionnel appel, chaque groupe s'est dirigé vers sa classe afin de régler les dernières tâches administratives, distribution des emplois du temps, des manuels et des carnets de correspondance. A l'exception de quarante élèves. Pour eux, une étape supplémentaire a été ajoutée : une sorte de briefing. Car ils se sont portées volontaires pour tester le nouvel aménagement des rythmes scolaires, annoncé par le ministre de l'Education, Luc Chatel : « Cours le matin, sport l'après-midi ».
« Ce n'est pas un menu au choix »
Réunis dans l'une des grandes salles du premier étage, les deux classes écoutent attentivement la présentation du dispositif. « Vous aurez le même nombre d'heures de cours que les autres avec en plus, l'après-midi, des activités sportives [patinage, aviron, escalade, etc.] et culturelles [théâtre, échecs, premiers secours, danse]. Il ne faudra donc pas se coucher tard ni sauter de petit-déjeuner. Votre rythme de vie doit dès à présent s'adapter à votre nouvel emploi du temps plus chargé, prévient Viriginie Larqué, professeur principale de l'une des deux classes. Ce n'est pas un menu au choix, toutes les activités sont obligatoires pour tout le monde. » Dans la salle, certains élèves commencent à s'agiter. Les questions fusent. « Madame, on n'aura pas de trou le matin ? » questionne l'un. « On finit à quelle heure alors le soir ? » rétorque un autre. Même si tous sont enthousiastes à l'idée de découvrir de nouveaux sports, certains s'inquiètent tout de même de la charge de travail à fournir. « Ça fait un peu peur, tous ces cours, réagit Maeva, 13 ans. Et je ne sais pas si je vais arriver à faire de l'aviron. » Mounir, 12 ans, réplique à son tour : « Au bout d'un moment, on va être fatigués. »
L'objectif de ce nouveau rythme scolaire, est d'« améliorer les résultats des élèves. Dans ces classes, certains souffrent de dyslexie et d'autres troubles de l'apprentissage, explique Christiane Barthélémy, la principale de l'établissement classé en ZEP (zone d'éducation prioritaire). Des élèves vont se révéler. » Cette expérimentation se poursuivra sur 3 ans. En Alsace, quatre établissements sont concernés par ce dispositif, 124 en France.S. de A.