Depuis hier, quelque 326 000 élèves, de la maternelle au lycée, font leur rentrée en Alsace. Soit un peu moins que l'an passé (330 000). Pour cette nouvelle année scolaire, Claire Lovisi, la rectrice de l'académie de Strasbourg, s'est fixé deux objectifs : augmenter le nombre d'élèves qui parviennent au baccalauréat et lutter contre les sorties du système scolaire sans qualification.
« Nous avons déjà bien progressé dans ces deux domaines, se félicite-t-elle. Alors qu'il y a dix ans, nous étions bien en dessous de la moyenne nationale, nous avons réussi à rattraper notre retard. Seuls 3,6 % des élèves de l'académie sortent sans qualification, contre 4 % en France. Et les réformes actuelles vont nous permettre, encore plus, de faire réussir chaque élève. » En ligne de mire, les réformes de la seconde et de la formation des enseignants.
Un optimisme que ne partagent pas les syndicats. Pour eux, si la rentrée est « inédite », c'est bien parce que les mesures prises par le gouvernement ont « des conséquences catastrophiques sur les conditions de travail des élèves et des professeurs ». A commencer par les changements de programme tardifs en seconde. « C'est un échec pédagogique et un coût inacceptable pour les familles. Il manque toujours 8 livres », déplore Marie Hertzog, représentante départementale du syndicat général des lycéens.
Pour la FSU, le recours à des enseignants sans formation qui ne passe plus par l'IUFM est inadmissible. « A cela s'ajoute, la suppression d'un fonctionnaire sur deux. La situation est catastrophique au niveau des remplacements, s'insurge Corinne Nicolet-Serra. Dans le Bas-Rhin, il n'y aura pas de remplaçant dans le second degré. C'est du jamais-vu depuis dix ans. Il va falloir faire appel à des vacataires, sans expérience. » Le rectorat reconnaît qu'il manque de TZR (titulaires en zone de remplacement) notamment en mathématiques et en allemand mais « nous faisons un gros effort pour constituer un vivier de professeurs », lance Jean Pierre, secrétaire général du rectorat.
« On passe à l'offensive. Il faut alerter la population, parents et futurs enseignants », déclare Corinne Nicolet-Serra de la FSU. A l'appel des syndicats Snes, FSU et CGT Education, des enseignants des collèges et lycées seront en grève dès lundi et mardi pour protester contre la réforme du lycée et la formation des nouveaux enseignants. Ils dénoncent, en outre, les 16 000 nouvelles suppressions de postes au niveau national, après plus de 30 000 déjà entre 2007 et 2009. Selon le Snes, un enseignant sur deux participera au mouvement. La mobilisation pourrait être moins importante dans la région. », indique Corinne Nicolet-Serra.