Un terrain d'entente militaire franco-allemand. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont confirmé, samedi à l'occasion d'une conférence sur la sécurité à Munich, qu'un bataillon de la Bundeswehr stationnera bientôt en France. D'abord annoncée par la rumeur sur la base de Colmar-Meyenheim, son implantation se fera finalement au sein du quartier Leclerc à Illkirch. La chancelière allemande avait fait une demande en ce sens au ministère de la Défense en janvier, dans le but de renforcer la brigade franco-allemande. Le président de la République avait alors accepté, en échange, de laisser un régiment d'infanterie à Donaueschingen (Bade-Wurtemberg), alors même qu'en juillet il avait décidé de retirer toutes les forces françaises outre-Rhin.

Première unité allemande à se poster sur le sol français depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle « comptera des compagnies de reconnaissance d'infanterie et un état-major correspondant à une force de 600 à 700 hommes », a précisé, samedi, Hervé Morin, ministre de la Défense. Selon lui, l'installation du bataillon se fera progressivement « sur plusieurs années, mais nous sommes prêts à l'accueillir à partir de 2009. » Il viendra ainsi remplacer au sein de la caserne Leclerc, les quelque 1 000 soldats du 1er régiment de Génie dont la dissolution est prévue en 2010 dans le cadre de la réforme de la carte militaire. Une satisfaction pour le maire PS d'Illkirch, Jacques Bigot, qui outre un intérêt financier et un gain d'image pour l'agglomération, a salué « une illustration supplémentaire de la force de l'amitié et de la coopération », entre la France et l'Allemagne.

Avec son homologue (PS) strasbourgeois Roland Ries, il voit aussi dans cette arrivée « un élément tout à fait significatif dans la perspective de renforcer l'Eurodistrict en une réalité institutionnelle ». Les deux édiles ont pour ambition d'instaurer avec des communes de l'Ortenau un système transfrontalier original, reposant sur des applications concrètes dans la vie quotidienne et un système de codécision politique. Parlant d'un véritable « acte historique », Nicolas Sarkozy a quant à lui estimé que la France devait être « honorée » et « heureuse » d'accueillir des soldats allemands sur son territoire. ■

 

Mots-clés :

Aucun mot-clé.