Les déchets font des étincelles

Une usine à gaz ? Non, juste une façon verte de générer de l'énergie. Deux céréaliers et un éleveur viennent de s'associer pour créer la première unité de biométhanisation de la région. Entrée dans la phase de concertation publique hier, elle devrait...

Philippe Wendling

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Une usine à gaz ? Non, juste une façon verte de générer de l'énergie. Deux céréaliers et un éleveur viennent de s'associer pour créer la première unité de biométhanisation de la région. Entrée dans la phase de concertation publique hier, elle devrait voir le jour à Ribeauvillé, en 2010. « Notre projet s'apparente à l'estomac d'un animal, comme une vache, qui produit du biogaz, plaisante Noël Adam, l'un des agriculteurs. Il s'agit de stocker des déchets organiques et des résidus agroalimentaires dans des cuves en béton, de les brasser et de les chauffer à 37 °. Ils prennent alors une forme liquide et sont transformés par des bactéries en biogaz. » Les déchets proviendront des exploitations des trois associés, mais également de lieux de restauration collective.

Une fois traités, les déchets produiront du gaz naturel liquide, qui sera « utilisé comme engrais organique, précise Noël Adam. Il permettra aussi de produire de l'énergie renouvelable », par le biais d'un système de générateurs. Selon les prévisions, le recyclage de 13 500 tonnes de résidus agricoles et de 12 500 tonnes de restes agroalimentaires permettra de produire chaque année 10 880 mégawattheures de chaleur, soit de quoi alimenter les besoins de 270 ménages. Mais aussi 10 000 mégawattheures d'électricité, ce qui correspond à la consommation moyenne de 2 860 foyers.

« Nous comptons revendre l'intégralité de l'électricité produite », explique Noël Adam, ce qui permettrait d'amortir le coût de l'unité de biométhanisation en une dizaine d'années. Sa création devrait nécessiter un investissement de quelque 5 millions d'euros. ■

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