La région expérimente le contrôle-surprise

Tout le monde descend ? Non, juste les contrôleurs. A l'initiative de la région, la fin des contrôles systématiques va être expérimentée sur plusieurs trains de la ligne Strasbourg-Molsheim, à partir de dimanche. Ils seront remplacés par des passages...

Philippe Wendling - ©2008 20 minutes

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Tout le monde descend ? Non, juste les contrôleurs. A l'initiative de la région, la fin des contrôles systématiques va être expérimentée sur plusieurs trains de la ligne Strasbourg-Molsheim, à partir de dimanche. Ils seront remplacés par des passages inopinés de contrôleurs volants. « Aujourd'hui, il y a un contrôleur par TER, or ce n'est plus adapté à la réalité, expliquait en septembre Jean-Pierre Farandou, directeur de SNCF Proximités. Les TER sont proches des RER en Ile-de-France, où ce sont des groupes de contrôleurs qui interviennent dans les trains de façon aléatoire. C'est la seule façon d'être efficace, car dans une rame bondée, un agent seul ne peut rien faire. »

Opposés au test, les cheminots strasbourgeois CGT et SUD-Rail sont en grève depuis lundi et la reconduisent aujourd'hui. « Nous sommes contre, car il ne faut pas oublier que le contrôleur n'a pas qu'une vocation commerciale, explique le cégétiste Nicolas Di Mario. Il a aussi une mission de sécurité et de sûreté : c'est lui qui veille à ce qu'il n'y ait pas d'incident ou de débordement. »

Un argument qui fait mouche chez de nombreux usagers. « S'il nous arrive quelque chose, à qui ferons-nous appel ? », s'inquiétaient hier Marjorie et Mégane, deux lycéennes habituées de la ligne Strasbourg-Molsheim. « Aux heures de pointe, les trains étant bondés, il existe de réels problèmes de sécurité, estime de son côté François Lenormand, membre de l'association d'usagers Bruche-Piémont-Rail. La présence d'un contrôleur rassure. » La région minimise toutefois ce raisonnement. « Si le contrôleur est seul à bord d'un train, sa capacité d'intervention est limitée, et si les rames sont chargées, il est évident qu'il ne peut pas contrôler tout le monde, explique François Bouchard, directeur général du conseil régional. Et puis, les trains sont équipés de caméras de vidéosurveillance qui transmettent l'information au conducteur. En tant qu'autorité organisatrice du TER, c'est à la région de supporter le coût des trains, précise-t-il. Cette mesure ne nous permettra pas d'économiser des millions d'euros, mais d'améliorer l'offre, en faisant notamment circuler plus de trains. » Ainsi, vingt allers-retours seront proposés en plus dès dimanche sur la ligne Strasbourg-Molsheim. L'expérimentation donnera lieu à un bilan au printemps.

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