VIDEO. Etats-Unis: Froid polaire et vol annulé, les mésaventures d'une Strasbourgeoise coincée à New York

Témoignage Laurence et sa famille faisaient partie des milliers de touristes bloqués outre-Atlantique à cause de la tempête de neige...

Noa Laguerre

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Témoignage d'une Strasbourgeoise qui a vécu un calvaire glacé Lancer le diaporama

Témoignage d'une Strasbourgeoise qui a vécu un calvaire glacé — Laurence

Les Etats-Unis se remettent doucement de la vague de froid polaire qui a touché l'Amérique de nord il y a quelques jours. Chutes de neige record et tempête arctique extrême ont  déferlé sur la côte Est des Etats-Unis, tuant six personnes. Les aéroports fermés durant plusieurs jours, plus de 4.000 vols ont été annulés empêchant tous les avions de décoller et des milliers de personnes de quitter la Big Apple.

Parmi eux, sous trois couches de vêtements, des semelles en laine de mouton dans les chaussures et emmitouflée dans sa grosse doudoune, Laurence, 41 ans. Pour le passage à 2018, cette Strasbourgeoise avait opté pour un séjour en famille à New York. Laurence concède qu’on l’avait pourtant prévenue : « Mes parents m’avaient dit qu’il ne fallait pas y aller à cette époque ». On ignore si les parents de Laurence sont climatologues mais force est de constater qu’ils avaient bien senti les choses.

Cinq heures d’attente pour faire demi-tour

Parce qu’effectivement, le séjour outre-Atlantique de Laurence et les siens ne s’est pas passé comme espéré. Et l’émerveillement devant les premiers flocons de neige tombant sur New York a vite laissé place à l’angoisse. Et à quelques galères supplémentaires quand l’impossibilité de prendre un vol pour quitter les Etats-Unis a prolongé le séjour de la famille strasbourgeoise jusqu’au 11 janvier, soit près d’une semaine après la date du retour initial.

Et pourtant, Laurence y a cru jusqu’au bout. Comme prévu, le 4 janvier, la famille se pointe avec ses bagages à l’aéroport, « contente de rentrer après avoir bien vadrouillé dans le froid ». Eh bah, surprise ! « En arrivant, on voit que tous les vols avant le nôtre ont été annulés. On nous dit qu’il partira peut-être. On a attendu pendant cinq heures et finalement on est venu nous dire qu’il était lui aussi annulé et que l’aéroport fermait, raconte l’Alsacienne. Ils nous ont expliqué qu’ils allaient ramener des boissons et des couvertures. Et c’est tout, débrouillez-vous quoi ».

Réseau mobile saturé, transports en commun perturbés

S’en suit logiquement la panique et la recherche d’une chambre d’hôtel pour cinq personnes en dernière minute, pour les prochaines nuits. « Restez à l’aéroport, ce n’était pas envisageable avec trois enfants ». Le hic ? Des milliers de personnes sont dans la même situation que Laurence : le réseau mobile se retrouve saturé et les hôtels pris d’assaut. Ses proches en France prennent alors le relais. Ce sont eux qui vont prévenir, par exemple, les établissements scolaires des enfants pour expliquer leur absence.

Pendant ce temps, Laurence et sa famille naviguent avec leurs valises entre navettes de l’aéroport hors-service et Uber surfacturé à cause de la tempête pour regagner la ville de New York.

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Une fois l’hôtel trouvé, la famille essaye de positiver. « Tu te remets dans un autre état d’esprit. Tu te dis "ok, je reste, on va faire au mieux", poursuit-elle. Une fois que tu as switché, ça va mieux. On a presque fait plus d’efforts encore sur les restaurants, pour faire plaisir aux enfants. On a fait des trucs un peu rigolos. »

Et maintenant, la canalisation !

L’esprit enfin tranquille ? Pas vraiment. Deux jours avant le (nouveau) départ, une canalisation a rompu dans un terminal de l’aéroport, « notre terminal… », précise la Strasbourgeoise.

« On lisait alors des articles qui annonçaient des annulations de vol, non plus à cause de la tempête mais à cause de l’inondation. On ne savait donc pas s’il y aurait plus de retard ou pas. On était quand même dans un état de stress permanent. »

Un surcoût de 3.000 dollars

Mais, cette fois, c’est la bonne. La famille décolle de New York, allégée de… 3.000 dollars, dépensés pendant ces jours supplémentaires. Presque autant que le prix du voyage initial.

De retour à Strasbourg, il y a du soulagement mais pas que : « C’est une sensation bizarre de ne pas pouvoir rentrer chez toi. Ça me poursuit un peu. Je suis rentrée chez moi, mais je suis mal à l’aise », tente d’expliquer celle qui s’est immédiatement chargée de tâches ménagères. « On n’a pas voulu se poser. On a fait le ménage, on a enlevé le sapin. Bref, retrouver une vie normale. »

Elle l’assure tout de même : « Malgré tout, j’ai passé de bonnes vacances. Mais on ne partira plus à New York en hiver, on fera plutôt Punta Cana ou Dubaï (Rires). » En tout cas, ce ne sont pas les parents de Laurence qui devraient cette fois la contredire.