Strasbourg: Tarifs des amendes en hausse, agents en civil ou contrôles filmés, la CTS fait la chasse à la fraude dans les trams et bus

TRANSPORTS La Compagnie des transports strasbourgeois a annoncé la mise en place de nouveaux dispositifs pour renforcer sa lutte contre la fraude dans les trams et les bus de l'agglomération...

Alexia Ighirri

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Strasbourg: Fraude CTS tram

Strasbourg: Fraude CTS tram — G. VARELA / 20 MINUTES

  • La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) va renforcer son dispositif de lutte contre la fraude.
  • La fraude a encore coûté près de 4 millions d'euros à la compagnie de transports.
  • Le taux de fraude est resté sous la barre des 10% en 2016.
  • Le montant des amendes va augmenter à partir du 1er décembre. Les opérations de contrôles vont être modifiées.

La fraude, c’est terminus ! Dans le monde idéal de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) en tout cas. En attendant de réduire son actuel taux de fraude de 9,7 % à néant (ce qui lui coûte 4 millions d’euros par an), la CTS a annoncé mardi un renforcement de sa lutte anti-fraude dans les trams et bus de l’agglomération grâce à de nouveaux dispositifs, en s’appuyant sur une nouvelle législation  alias la loi Savary.

Une hausse des amendes. Parmi les nouvelles mesures de lutte contre la fraude, il y aura à compter du 1er décembre 2017 une hausse du tarif des amendes. Avec une augmentation de 18 % des montants, il faudra compter 40 euros pour un titre non-valable, non validé ou périmé (34 euros actuellement). L’absence de titre sera sanctionnée d’une amende de 60 euros (51 euros aujourd’hui).

La CTS rappelle que même un abonné est concerné lorsqu’il est contrôlé sans sa carte Badgeo : « Un contrôleur ne pas faire la différence entre ceux qui n’ont pas de titre et ceux qui l’ont oublié chez eux. » D’ailleurs, pour contestation en cas d’oubli de la carte Badgeo, le voyageur pourra être sanctionné à hauteur de 20 euros (15 euros actuellement).

L’amende, actuellement non-appliquée, pour non-validation en correspondance s’élèvera à 5 euros.

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Des contrôleurs en civil. Contre la fraude, la CTS va gonfler de 33 % son effectif dédié aux contrôles. Elle entend se réorganiser en augmentant par exemple la présence de contrôleurs le week-end et la nuit. Mais n’abandonnera pas pour autant sa vigilance aux heures de pointes en instaurant plus massivement des contrôles à la descente, sur le quai ou aux arrêts de tram et bus.

La grande nouveauté, pour laquelle la compagnie strasbourgeoise s’est inspirée de Lyon, est l’instauration d’équipes de contrôleurs en civil. Ils devront toutefois présenter leur carte professionnelle au moment de commencer leur opération de contrôle.

Il y aura par ailleurs des messages sonores diffusés dans les rames pour annoncer que des opérations de vérification des titres de transport sont en cours quelque part sur la ligne. Histoire de « créer de l’incertitude », dixit Jean-Louis Metzger, directeur général adjoint en charge des opérations.

Des contrôles filmés. La CTS va expérimenter, pendant six mois, un dispositif de caméra-piéton incorporée dans la manche de la veste du contrôleur pour enregistrer (son et image) une opération de contrôle si un climat de tension, conflit ou menace venait à s’installer. « Il s’agit aussi de protéger nos salariés », défend le directeur général adjoint, soulignant qu’il y a déjà eu 21 agressions sur agents de la CTS en 2017 (16 en 2016). « L’enregistrement ne démarre que si l’agent fait le geste pour la mettre en service. Il en informe obligatoirement la personne contrôlée et il y a un témoin lumineux. Ça change la donne, mais dans les deux sens ; parce que le contrôleur est aussi enregistré. » Mise en place au premier trimestre 2018.

Au rayon technologie, les agents de contrôle vont être équipés fin 2018 de nouveaux terminaux qui leur permettront d’établir des procès-verbaux de manière électronique. Evitant d’éventuelles erreurs lors de la ressaisie de données en agence et permettant de repérer grâce à la mémoire informatique « la fraude d’habitude ».