Strasbourg: Il tente de décoder l'activité cérébrale pour «comprendre comment le cerveau fait sa Google Maps»

SCIENCES A l'œuvre dans une unité de l'université strasbourgeoise, Romain Goutagny a reçu un prix, au premier jour de la rentrée, pour ses travaux sur la mémoire...

Alexia Ighirri

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Romain Goutagny de l'université de Strasbourg tente de décoder l'activité cérébrale pour «comprendre comment le cerveau fait sa Google Maps»

Romain Goutagny de l'université de Strasbourg tente de décoder l'activité cérébrale pour «comprendre comment le cerveau fait sa Google Maps» — Catherine Schröder / Université de Strasbourg

  • Romain Goutagny fait partie de la dizaine de lauréats du prix "les espoirs de l'université de Strasbourg", décerné lors de la cérémonie de rentrée universitaire.
  • Le chercheur travaille sur la mémoire et décode l'activité cérébrale pour «comprendre comment le cerveau fait sa Google Maps».

Diplômé dès la rentrée. Ou plutôt récompensé d’un prix scientifique baptisé « les espoirs de l’université de Strasbourg ». Lors de la cérémonie de rentrée de l’Unistra jeudi, Romain Goutagny figurait parmi les dix chercheurs lauréats mis à l’honneur, parce que considérés comme parmi les plus prometteurs des unités de recherche strasbourgeoise. « Ça fait bizarre », reconnaît le chargé de recherches CNRS, membre du laboratoire de neurosciences cognitives et adaptative, où une cinquantaine de personnes travaille sur la mémoire et la fabrication du souvenir.

« Je ne suis qu’un petit maillon dans un grand labo », tempère Romain Goutagny qui illustre : « On essaye de comprendre comment le cerveau fait sa Google Maps. On a une carte mentale de notre environnement, qui fait que si une rue est bloquée, on ne va pas attendre indéfiniment. Parce qu’on saura comment faire un détour ».

Anticiper les déplacements des rongeurs

Son truc, c’est de déchiffrer les informations stockées par le cerveau. « Vous savez quand le sablier de l’ordinateur tourne sur votre écran ? Eh bien c’est pareil avec le cerveau, on enregistre ce qu’il se passe à ce moment-là. Après, on décode ces informations », poursuit le chercheur.

Avec des résultats à la clé : l’équipe formée autour de Romain Goutagny – « parce que seul dans mon coin je ne pourrais pas faire grand-chose » – a notamment réussi à décoder l’activité cérébrale des rats et souris de leur laboratoire. Et ainsi comprendre où les rongeurs voulaient aller et réussir à anticiper leurs déplacements.

Strasbourg, terrain idéal pour la recherche ?

Le scientifique de 39 ans, passé auparavant par Lyon et Montréal, a justement opté pour Strasbourg il y a six ans pour les compétences présentes dans ce laboratoire. Outre la bonne réputation de l’Unistra, il peut bénéficier des atouts du territoire alsacien : « On est à côté de la Suisse, de l’Allemagne. Or, en neurosciences, on a une relation trinationale (via le programme Neurex) qui nous permet de collaborer plus facilement. Et c’est important de pouvoir parler avec des autres laboratoires, de confronter nos recherches, pour avancer ».

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Avec une idée derrière la tête ? « Mon trip serait de réussir à décoder la fabrication d’un souvenir et de pouvoir alors le moduler ». Mais si ce jour arrive, il faudra peut-être penser à une autre récompense que le prix d’espoir de l’université pour Romain Goutagny.