Strasbourg: Une éolienne sur le toit d'une usine Carambar & Co? Ou le pari d'un étudiant et de l'entreprise de confiseries

ENVIRONNEMENT L'usine Suchard de la Meinau (passée dans le groupe Carambar & Co) a travaillé avec un étudiant de l'université de Strasbourg à l'installation d'une éolienne mais aussi de panneaux photovoltaïques sur son toit...

Alexia Ighirri

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Strasbourg: Une éolienne sur le toit d'une usine Carambar & Co? Ou le pari un peu fou d'un étudiant et d'une entreprise

Strasbourg: Une éolienne sur le toit d'une usine Carambar & Co? Ou le pari un peu fou d'un étudiant et d'une entreprise — A. Ighirri / 20 Minutes

  • L’usine Suchard de Strasbourg, passée dans le groupe Carambar & Co, a travaillé avec un étudiant de l’université de Strasbourg à l’installation d’une éolienne mais aussi de panneaux photovoltaïques sur son toit.
  • Un travail rendu possible grâce à l’appel à projets Sève de l’Eurométropole de Strasbourg, dispositif inédit qui finance des stages longues durée au profit d’entreprises s’engageant dans une démarche d’économie verte.

Des chocolats fabriqués en série grâce à l’éolien en plein Strasbourg ? Et là, vous vous dites peut-être : « Oui et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d’alu… ». Alors non, même si l’on parle de l’entreprise Carambar & Co, ceci n’est pas une blague. D’abord parce qu’on trouve davantage de ragondins et de cygnes que de marmottes aux abords de l’usine Suchard de la Meinau, qui a donc changé de nom il y a peu. Ensuite parce que la société de confiseries va vraiment installer une éolienne sur son toit dans quelques jours, avant de l’inaugurer officiellement en septembre.

Même si, en ne produisant que 2 kilowatts, elle sera plus symbolique qu’utile, cette éolienne illustre parfaitement l’engagement du site strasbourgeois dans une démarche verte. Si bien, que l’usine a mené une étude de faisabilité de l’équipement de l’ensemble du bâtiment en panneaux photovoltaïques.

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« C’est quelque chose qui n’est pas du tout mis en avant dans l’industrie du chocolat alors qu’elle est très énergivore, rappelle Lionel Joly, directeur du site. C’est un vrai message envoyé. Ici, on part de convictions personnelles pour les mettre au service du collectif. Ce n’est pas du green-washing : on veut montrer aux autres que ça marche, c’est tout ».

Des projets confiés à un étudiant de l’université de Strasbourg

Les manettes ont été confiées à un étudiant en deuxième année de master Mécatronique et énergie à l’université de Strasbourg. Qu’il s’agisse de la partie technique de l’étude de faisabilité de l’installation de panneaux solaires à une phase plus administrative pour l’installation de l’éolienne, projet plus avancé au moment de son arrivée dans l’entreprise.

Clément Sauer, 23 ans, est en fait l’un des lauréats de l'appel à projets Sève de l’Eurométropole de Strasbourg, dispositif inédit qui finance des stages longue durée au profit d’entreprises soucieuses d’entrer dans une démarche d’économie verte. « C’était une vraie opportunité pour nous, explique le responsable sûreté et environnement de l’usine Daniel Mauer. L’arrivée de Clément nous a mis le pied à l’étrier et à soulever d’autres questionnements. La réflexion qu’on avait alors engagée a pris une maturité exceptionnelle en quelques mois. »

De l’université à l’entreprise, du stage à l’emploi

Et l’étudiant, que gagne-t-il en retour ? La réalité du terrain a été un bon complément à sa formation, selon Clément Sauer. « La gestion de projet, par exemple pour l’éolienne : on applique ce que l’on a vu qu’en théorie à l’école. Les relations entre différents services, l’administratif… ça a été une phase d’apprentissage énorme ! », juge le jeune homme.

Cerise sur le Rocher Suchard, l’entreprise a proposé à Clément Sauer un emploi. « Sur les cinq lauréats de l’an passé, quatre ont débouché sur une proposition d'embauche », se réjouit Nicolas Matt. Convaincu que « le réservoir de cerveaux de l’université » doit se connecter au monde de l’entreprise, le vice-président de l’Eurométropole en charge de l’enseignement supérieur et la recherche prévient : l’enveloppe -aujourd’hui de 30.000 euros- dédiée au dispositif Sève, lancé en 2016, va doubler l’an prochain avec l’aide de l’Ademe.

Dans l’espoir que les entreprises aient de moins en moins peur de s’engager dans la voie verte et que la passerelle entre le monde de l’entreprise et les étudiants devienne enfin un solide pont.