Football: Pourquoi il ne faut pas être cardiaque pour supporter le Racing club de Strasbourg

SPORT Une nouvelle fois, Strasbourg va jouer sa saison (et la montée en Ligue 1) dans les derniers instants. Une situation à laquelle tous les suiveurs du Racing ont dû s’habituer, mais pas sans stress…

Alexia Ighirri et Bruno Poussard

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Ces dernières années et même avant, le Racing club de Strasbourg a livré un certain nombre de fins de championnats des plus stressantes à ses supporters qui sont souvent passés par toutes les émotions. Ils ne l'oublient pas avant un retour espéré en Ligue 1 lors d'une rencontre décisive vendredi

Ces dernières années et même avant, le Racing club de Strasbourg a livré un certain nombre de fins de championnats des plus stressantes à ses supporters qui sont souvent passés par toutes les émotions. Ils ne l'oublient pas avant un retour espéré en Ligue 1 lors d'une rencontre décisive vendredi — Bruno Poussard / 20 Minutes

  • Encore une fois, c’est au dernier match de la saison que le Racing club de Strasbourg jouera son avenir (en Ligue 1 ou en Ligue 2) ce vendredi soir.
  • Coutumière du fait, la formation strasbourgeoise aime mettre à mal l’état cardiaque de ses supporters en le faisant passer par tous les états ces dernières années.

Alors, chers supporters du Racing, vous tenez le coup ? Dans un sprint final déjà peu respirable, la formation alsacienne a attendu ce vendredi (20h30) pour jouer la montée en Ligue 1 en recevant Bourg-en-Bresse. Encore une fois, lors de l’ultime journée… « Et attention, c’est le Racing », répètent à l’envi les fans les plus fervents et expérimentés.

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Alors que la victoire est quasi indispensable pour assurer l’accession, attention à l’excès de confiance. Strasbourg ne ménage d’ailleurs pas les émotions de son public devant l’enjeu. « Comme supporter du Racing, tu dois avoir le cœur solide, rebondit David Ledy, attaquant entre 2007 et 2014. Mais côté joueur, c’est un stress énorme aussi. »

Des fins de saison toujours à couper le souffle

Chaque année ou presque, l’attente est monstrueuse. Avec des derniers matchs à la Meinau souvent à couper le souffle… Le passé ne s’oublie pas. Matthieu, fan de 35 ans, a tenu à le rappeler lorsque nous questionnions la teuf à prévoir pour la (possible) montée : « Le Racing est coutumier du fait, il faut être prudent, on a souvent connu des désillusions. »

En 2014, le RCSA n’a dû son maintien en National qu’à « l’affaire Luzenac ». En 2015, le quatrième du classement a fait rêver les siens contre Colomiers (2-0) mais, contrairement aux rumeurs en tribune, aucun des trois premiers n’a craqué. Et en 2016, il s’est troué pour s’écrouler à domicile contre Amiens (0-1) et repousser au maximum sa montée.

« Devant le calendrier, on coche tout de suite la date du dernier match »

Débarqué en septembre 2014, l’actuel gardien Alexandre Oukidja garde en tête ce passé récent : « Depuis que je suis là, il y a toujours eu du stress, parce qu’en National, on avait l’obligation de monter en Ligue 2. Cette année, la Ligue 1 n’était pas l’objectif mais maintenant, tout le monde y croit… » Jusqu’à attendre une ultime rencontre en apnée.

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« C’est simple : quand on reçoit le calendrier, on coche tout de suite la date du dernier match parce qu’on sait que tout va se jouer à cet instant, sauf l’année de CFA2, raconte Lucile Guillotin, journaliste de France Bleu Alsace qui a longtemps couvert le club strasbourgeois. On a même utilisé une expression, ''So Racing'', pour ça ! »

De nombreux souvenirs passés, comme une montée ratée à Montpellier

Désormais à Martigues en CFA, David Ledy confirme : « Toutes les années où j’ai joué au Racing, le dernier match de la saison était à enjeu, à Châteauroux, contre Raon l’Etape… » Ou encore à Montpellier, une triste défaite qui coûta en 2009 la remontée au Racing, un an après la cruelle série de onze défaites préalable à la relégation en Ligue 2.

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« Sportivement, ce match à Montpellier était horrible, se souvient encore Lucile Guillotin. On fait poteau, on rate un penalty, tous les éléments étaient contre nous… » Avec le temps, les supporters se seraient-ils habitués à passer par tous les états ? Ont-ils de bons médecins ? Sont-ils également un peu sadomasos ? Allez savoir…

Ces dernières années, le dénouement a souvent été positif, alors j’y crois, on va monter, mais il faut faire preuve de prudence, recadre encore Matthieu qui traîne dans les travées de la Meinau depuis près de 25 ans. Le Racing nous a habitués à stresser, ça fait aussi partie de son histoire. Si on appelle Strasbourg “le Marseille de l’Est”', c’est, au-delà des affaires, à cause des rebondissements fous, des scénarios improbables… Avec le Racing, tu ne peux jamais savoir ce qu’il va se passer

« Jouer comme d’habitude » pour ne pas se trouer vendredi

Sans jouer aux vieux cons, voilà pourquoi certains tentent cette semaine de calmer ceux qui se montrent trop confiants avant la 38e journée de cette Ligue 2 dinguo où six équipes peuvent encore monter. Parce que « ceux qui sont là depuis toutes les années en enfer, s’en souviennent », ajoute encore la journaliste de la radio France Bleu.

D’après le portier Alexandre Oukidja, la clé sera de « se préparer et jouer comme d’habitude », en évitant de jouer et rejouer cette folle soirée de réception de Bourg trop tôt. « Et si vendredi ils pouvaient préserver nos cœurs, ce ne serait pas un mal, demande Matthieu en souriant. En plus, on commence à se faire vieux, maintenant ! »