VIDEO. Un drôle de drone né en Alsace pour observer et surveiller la faune sauvage

ENVIRONNEMENT Finaliste du concours La Fabrique Aviva, l’Alsacien Julien Lerch a monté un drone avec voile destiné, entre autres, à la protection, l’observation et la surveillance des animaux sauvages, comme dans les parcs naturels…

Bruno Poussard

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Julien Lerch en plein test de son drone en milieu sauvage, dans un territoire du Niger, en Afrique. Lancer le diaporama

Julien Lerch en plein test de son drone en milieu sauvage, dans un territoire du Niger, en Afrique. — Julien Lerch / Ihmati.

  • Lancé depuis 2011 en Alsace, le projet de drone paramoteur Aube by Ihmati a beaucoup évolué, jusqu’à devenir un outil pour protéger la faune sauvage.
  • Léger, très peu bruyant et lent, il pourra bientôt être commercialisé auprès, par exemple, de réserves naturelles, de parcs internationaux ou d’ONG en Afrique.

Et si, de l’Alsace à l’Afrique, il n’y avait qu’un pas ? Certes, le drone paramoteur de la petite boîte régionale Ihmati n’est pas tout à fait capable de traverser la Méditerranée. Mais l’engin, léger, très peu bruyant et relativement lent a quelques atouts sous sa voile pour protéger, observer ou surveiller la faune sauvage. Et pas seulement en Afrique.

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Toujours en évolution, l’objet a été conçu par un pur bas-rhinois, Julien Lerch, 31 ans. Un ingénieur dans la robotique issu d’un bref parcours dans l’informatique, mais destiné à s’installer à son compte. C’est en bossant à Marseille que l’idée a pris son envol : « Je passais du temps dans les calanques et j’ai eu envie de voir les oiseaux de près. »

Le choix d’un parapente avec son petit paramoteur

Afin de lancer sa boîte et développer son appareil en 2011, cet ingénieur amoureux de la nature n’a néanmoins pas coupé les ponts avec l’industrie, « pour rester indépendant ». A une période où les drones à rotors étaient encore en gestation, Julien Lerch a ensuite fait le choix d’utiliser une voile de parapente pour voler avec fluidité et sans bruit.

Avec un petit moteur électrique, l’Alsacien d’Odratzheim a mis en place plusieurs modèles au fil des ans. Du lourd, catastrophique en tentatives de vol, en passant par l’inox accompagné d’une rampe de lancement, jusqu’au tout léger modèle au châssis en plastique respectueux de l’environnement, toujours développé chez lui aujourd’hui.

Le châssis de l’appareil en plastique respectueux de l’environnement

Monté de ses mains grâce aux pièces formées par sa propre imprimante 3D, son drone paramoteur est ainsi désormais composé de plastique et de caoutchouc à base d’amidon de maïs, de fibre de lin et de coquille d’huître. « Sur le châssis, il s’agit d’être le plus neutre possible pour l’environnement, et sans perturbateurs endocriniens », insiste-t-il.

Pesant maintenant 1,8 kg et lancé en deux secondes, son engin également maniable à une main a entre autres déjà suscité l’intérêt d’une ONG basée à Strasbourg et chargée de la formation de rangers de réserves naturelles contre le braconnage, Wildlife Angel, qui a même emmené Julien Lerch pour des tests au Niger en mars 2017.

C'est dans une réserve naturelle entouré de rangers que l'Alsacien s'est rendu en Afrique.
C'est dans une réserve naturelle entouré de rangers que l'Alsacien s'est rendu en Afrique. - Julien Lerch / Ihmati.

Une utilisation possible par des réserves ou pour des safaris

Si l’organisation ne pourra finalement pas s’en servir là-bas pour ne pas risquer de placer les gardes à découvert (hors végétation) pour le lancer, son créateur a pu confirmer de nombreux avantages, autour de son absence quasi-totale de bruit (à l’inverse d’un drone multirotors) près des animaux sauvages, pour ne pas les apeurer.

La voile qui accompagne ce drone paramoteur, très peu bruyant, mesure 1,80m.
La voile qui accompagne ce drone paramoteur, très peu bruyant, mesure 1,80m. - B. Poussard / 20 Minutes.

Julien Lerch l’imagine bien pour des réserves privées ou en safari, à visée touristique, afin de compléter la vue lointaine sur les animaux, en temps réel et sur un écran. Puis, pour d’autres ONG, afin de surveiller ou protéger la faune sauvage dans d’autres contextes et une autre végétation qu’au Niger, mais avec un but moins financier.

Finaliste du concours national de La Fabrique Aviva

En entrant avec sa boîte Ihmati en phase de précommercialisation (auprès des professionnels plus que du grand public), Julien Lerch s’estime « en année de transition ». Afin d’obtenir des financements, il participe, après avoir gagné le prix de l’innovation de la coupe Icare, au concours de La Fabrique Aviva en attendant Tango & Scan.

Fin avril, il a justement appris sa qualification parmi les 200 finalistes de ce même projet national de La Fabrique, dans la catégorie environnement. Avec, au moins, de 2.000 euros à la clé. En espérant encore mieux. En attendant, son drone fait parler de lui.

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D’autres débouchés, pour mesurer la pollution ou réaliser des reportages animaliers sont aussi envisagés. « Il y a beaucoup de possibilités, et je ne les connais pas encore toutes, se réjouit enfin l’Alsacien. L’intérêt, c’est d’avoir une base standard du drone et d’adapter les supports selon la demande ! »