Football: A Strasbourg comme à Laval, Anthony Gonçalves va droit au cœur

SPORT C'est l'heure des retrouvailles entre le milieu du RCSA Anthony Gonçalves et son ancien club, le Stade Lavallois, ce vendredi à 20h...

Alexia Ighirri

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Strasbourg le 24 février 2017. Foot RCS vs Clermont. Anthony Goncalves

Strasbourg le 24 février 2017. Foot RCS vs Clermont. Anthony Goncalves — G. Varela / 20 Minutes

Ce sera forcément un match particulier pour Anthony Gonçalves. Blessé au match aller, le milieu strasbourgeois retrouve ce vendredi à 20h la pelouse de Laval. Lui qui, après y avoir passé quinze ans, a quitté le Stade Lavallois pour rejoindre le Racing club de Strasbourg.

Intégration réussie pour l’ex-capitaine des Tango qui – en plus d’assurer sur le terrain – a, comme à Laval d’ailleurs, très vite séduit les supporters. Quand on lui en parle, Anthony Gonçalves est toutefois surpris, sincèrement « flatté » : « Je ne suis pas gêné… mais un peu touché hein, sourit “Gonz”. Ça fait plaisir de savoir que les supporters t’apprécient, ça veut dire que ton travail est reconnu ». On aurait presque du mal à reconnaître le robuste milieu de terrain au fort caractère, celui que tu n’as pas vraiment envie de fâcher sur un terrain.

« Tu représentes les supporters »

Le footballeur tente de se l'expliquer: « Je ne triche pas, je suis quelqu’un d’entier. J’ai du respect pour les institutions, pour le club, pour ces supporters que j’ai appris à connaître. Quand j'en rencontre un, il me parle de la chute du club, on a l’impression que ça a été un deuil, et ça me touche ».

La tunique bleue sur le dos, les choses sont alors claires : « Quand toi tu es sur le terrain, tu représentes toutes ces personnes. Quand tu vas à Auxerre et qu’il y a des supporters strasbourgeois, tu te dis qu'ils ont pris un RTT, qu’ils se sont privés d'un truc en venant nous voir. La moindre des choses est de tout donner. C’est comme mes parents qui se sont sacrifiés pour moi, qui se sont privés pour financer l’internat... »

« Quelqu’un sur qui on peut compter »

Parce que si la sympathie des supporters le flatte, l’avis de sa famille est primordial : « C’est mon moteur. J’ai toujours peur de décevoir mes proches. S’ils me disent que je n’ai pas été top, ça va me piquer un peu! »

Son ami du Stade Lavallois Kévin Perrot est moins étonné de la cote de popularité de son « grand frère » : « Je savais pertinemment que partout où il irait, il s’intégrerait rapidement. “Gonz”, humainement c'est top! C’est quelqu’un d’hypergentil, de droit et sincère : quand il a quelque chose à dire, il n’y va pas par quatre chemins. C’est un caractère fort. Un guerrier ». Sur ou en dehors du terrain, celui qui a évolué à ses côtés pendant une dizaine d’années, du centre de formation à la Ligue 2, confirme : « C’est quelqu’un sur qui on peut compter ».

Chambreur en chef

A l'écouter parler, on pourrait presque croire qu’Anthony Gonçalves n’a pas de défauts : « Son caractère, des fois, c’est vraiment chiant !, lâche Kévin Perrot dans un sourire. Il aime avoir raison. C’est une grande gueule et un sacré chambreur. » Ses compères Laurent Dos Santos, Khalid Boutaïb ou Felipe Saad peuvent désormais en témoigner.

Quitter son « club de cœur », après quinze ans, ce n’était pas la chose la plus aisée. « A 30 ans, tu as l’impression que c’est un grand saut. Ce n’est pas évident, parce que tu pars d’un club où tu étais devenu un meuble (Rires). Tu étais là depuis des années, c’est toi qui accueillais tout le monde… Là tu te retrouves à être accueilli, à devoir te fondre dans un groupe. Tu dois apprendre un peu les codes pour essayer de t’intégrer au mieux. »

« Quand t’arrives dans un nouveau club et que ce club vient de monter, tu ne peux pas arriver en faisant le fanfaron. Les mecs on fait le “taf'” avant et il faut que tu le respectes » (Anthony Gonçalves)

Sans oublier ses anciens coéquipiers pour autant. « Il n’est plus physiquement au club mais il est toujours présent, raconte Kévin Perrot. Il nous a toujours soutenus. Avant les matches, il nous envoie un SMS pour nous encourager. » Pas ce vendredi néanmoins. Anthony Gonçalves l’assure : son cœur ne tanguera pas et sera bien bleu et blanc.