Présidentielle: Mais au fait, que veulent faire les candidats du Concordat d'Alsace Moselle?

POLITIQUE Mais que pensent les candidats à la présidentielle du Concordat, ce régime spécifique si cher à l’Alsace-Moselle? Éléments de réponse avec un petit tour de table des comités de soutien locaux…

Alexia Ighirri et Gilles Varela

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Les candidats à la présidentielle 2017. LIONEL BONAVENTURE-POOL/SIPA

Les candidats à la présidentielle 2017. LIONEL BONAVENTURE-POOL/SIPA — SIPA

Est-ce un sujet clivant ? Méconnu ou sans importance ? Quoi qu’il en soit, le Concordat en Alsace-Moselle s’invite difficilement dans la campagne présidentielle. Dès que le sujet de ce régime en vigueur depuis 1802 dans les deux départements alsaciens et en Moselle (et en raison duquel la loi de séparation des Eglises et de l’Etat ne s’y applique pas) est évoqué, il débouche rapidement le plus souvent sur des questions générales de laïcité.

Alors, clairement, que comptent faire les candidats à l’élection présidentielle. Tour d’horizon.

Ceux qui ne veulent rien changer

Dans le camp de François Fillon (Les Républicains), la réponse est claire : « On ne touche pas à quelque chose qui fonctionne comme le droit local, assure le député Patrick Hetzel. Même si les discussions ne sont pas définitivement fermées. » Et le responsable du comité de soutien du candidat dans le Bas-Rhin insiste bien sur le fait que « François Fillon est favorable au maintien du droit local en général et donc, par voie de conséquence, aux dispositions concordataires. ».

Même son de cloche pour Emmanuel Macron. S’il reconnaît vouloir la stricte application de la loi de 1905, pour le candidat d’En marche ! cela n’est aucunement antinomique avec le concordat en question. Bruno Studer, le responsable du comité de soutien départemental, confirme : « C’est très clair, il n’a jamais été question d’associer la stricte application de la loi de 1905 à la suppression du concordat d’Alsace-Moselle. Emmanuel Macron s’est clairement prononcé pour son maintien lors de son discours à Metz ».

Lors du premier débat télévisé en mars, sans grande surprise, la candidate du Front national Marine Le Pen a réaffirmé à propos de ce régime concordataire : « Non, je ne le remets pas en cause ».

Nicolas Dupont-Aignan, pour le parti Debout la France, compte aussi parmi les candidats en faveur de son maintien.

Et la gauche alors ? Le candidat du Parti socialiste Benoît Hamon n’envisage pas, non plus, sa remise en cause.

Ceux qui veulent l’abroger

Jean-Luc Mélenchon est l’un des seuls à avoir clamé sa position haut et fort. Comme lors de la précédente présidentielle en 2012, le candidat de La France insoumise dit « non au Concordat et aux régimes dérogatoires ». L’homme de gauche explique clairement dans son programme, qu’il étendra « le bénéfice de l’application de la loi de 1905 sur la laïcité à tout le territoire de la République, en abrogeant le Concordat d’Alsace-Moselle et le statut scolaire particulier et les divers statuts spécifiques en vigueur dans les Outre-mer. »

Dans les rangs de Nathalie Arthaud, pour Lutte ouvrière, pas de doute non plus : « On est pour sa suppression, au nom de la laïcité. C’est une position plutôt partagée à gauche », confie Marc Baud-Berthier, candidat de LO aux législatives dans le Bas-Rhin.

Contactée, l’équipe de campagne de Philippe Poutou doit prochainement communiquer la position exacte du candidat du Nouveau Parti anticapitaliste à ce sujet.
Il en va de même pour celles de Jacques Cheminade, Jean Lassalle, François Asselineau.

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