Alsace: Bientôt des plantes vertes pour illuminer votre salon!

SCIENCES Trois scientifiques strasbourgeois qui ont trouvé le moyen de créer de la lumière avec des plantes espèrent pouvoir commercialiser leur innovation au plus vite…

Gilles Varela

— 

Illustration. Au Muséum, dans le jardin botanique
Agave weberi est sur le point de fleurir. 1er/06/2012 Toulouse

Illustration. Au Muséum, dans le jardin botanique Agave weberi est sur le point de fleurir. 1er/06/2012 Toulouse — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

Avoir une superbe idée et chercher à la financer. Trois scientifiques strasbourgeois travaillent sur un projet futuriste, nommé Greenovation. Un concept presque révolutionnaire, pour lequel ils espèrent, pour le développer, trouver le budget nécessaire. Loin d’être des hurluberlus, ils sont docteurs en cancérologie, en épigénétique ou en chimie. Rose-Marie Vesin, Ghislain Auclair et Rémy Kreder, formés dans les laboratoires de l’université de Strasbourg, veulent, à partir de plantes, créer de la lumière. Une invention très sérieuse et un dossier déjà primé et sélectionné au  Concours national docteurs-entrepreneurs 2017, dont la finale se tiendra ce vendredi au Salon de l’enseignement supérieur et de la recherche à Paris.

 

Imaginez, les lampadaires de rue remplacés par des plantes vertes, des lampes d’ambiance émises par des orchidées dans les commerces ou les bars… « C’est surtout de la lumière d’ambiance, un éclairage d’appoint, même si la plante sera très lumineuse. Les designers sont très intéressés, explique Rose-Marie Vesin. Nous avons créé un procédé pour tout type de plantes. »

>> A lire aussi : En Alsace, une station d'épuration carbure au jus de choucroute

Schématiquement, les scientifiques partent d’une cellule pour refaire une autre plante en implantant des enzymes. Une idée lumineuse qui pourrait bien intéresser également les collectivités car son utilisation répond aux attentes de ces dernières : baisser la consommation d’énergie, mettre du végétal dans les villes, ce qui a également l’avantage aussi de fixer le CO2 et ainsi dépolluer l’air…

Oui, mais voilà, faute d’avoir un prototype, les jeunes chercheurs sont confrontés au manque d’argent pour poursuivre et développer leur concept. Et pour obtenir un prototype, les scientifiques ont besoin de 50.000 euros pour entrer en laboratoire. Pas facile. « C’est un peu le serpent qui se mord la queue », confie Rose-Marie Vesin. Du coup, les trois compères multiplient les concours et espèrent gagner des prix.

Une stratégie toute trouvée

Une fois l’obstacle du financement surmonté, ils utiliseront, dans un premier temps, une bactérie au lieu d’une plante pour développer leur concept en laboratoire, un moyen beaucoup plus rapide selon eux pour donner « à montrer ». Une fois le prototype obtenu et le budget bouclé, moins de 18 mois permettront de passer à la création de leur entreprise et au lancement commercial. Et le plan d’attaque est déjà défini : les professionnels d’abord, comme les designers, les décorateurs, les paysagistes, puis les particuliers et enfin les collectivités.

En attendant, deux projets américains sont à l’étude. Même si le process n’est pas le même et serait moins performant, les jeunes chercheurs strasbourgeois, accompagnés par l’Unistra et suivi par l’incubateur Semia, espèrent bien apercevoir rapidement la lumière au bout du tunnel.