Alsace: Avec ce potager intelligent, vous allez pouvoir arroser vos plantes avec votre smartphone

ENVIRONNEMENT Ancien informaticien reconverti dans la permaculture, mouvement visant à intégrer complètement la nature et l’agriculture dans la société, un Alsacien va lancer un bac potager connecté et réglable en Wi-Fi ou Bluetooth…

Bruno Poussard

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Avec arrosage et luminosité gérables à distance, le prototype a été monté en trois mois par l'entrepreneur alsacien Noham Choulant.

Avec arrosage et luminosité gérables à distance, le prototype a été monté en trois mois par l'entrepreneur alsacien Noham Choulant. — Document remis / Noham Choulant.

Assis sur votre canapé, vous voyez qu’une des plantes de votre appart tire la tronche. Un peu de lumière ? Un peu d’eau ? Ne bougez pas, sortez juste votre smartphone ou votre tablette. A l’aide du Wi-Fi ou du Bluetooth, un ou deux petits clics suffisent à effectuer le réglage nécessaire. Des mesures du taux d’humidité sont même là pour vous aider.

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Venue d’un Colmarien d’adoption, cette idée d’un bac potager d’intérieur intelligent n’est pas totalement nouvelle. Mais elle veut pousser la démarche connectée plus loin, à l’aide d’une carte numérique et de capteurs intégrés à l’objet. Qu’un ordinateur est aussi capable de diriger, pour lever le couvercle lumineux, ou déclencher l’arrosage.

De 300 à 750 euros suivant le bois utilisé

D’un demi-mètre de haut et de côté, ce qui devrait s’appeler « l’ortiebio » pourra enfin s’installer à proximité de la table, pour cueillir sa ciboulette, son basilic ou son persil en plein repas. « Ce sera aussi un bel objet décoratif idéal pour les plantes aromatiques », termine de décrire Noham Choulant. Son prix : de 300 à 750 euros, suivant le bois utilisé.

La sortie du bac potager, enfin, est espérée en juillet, auprès des particuliers mais également des hôteliers et des restaurateurs désireux d’offrir de la diversité à leurs clients. Le temps pour l’entrepreneur alsacien de boucler son business plan et de lever les fonds nécessaires. Son prototype, il l’a conçu de ses mains en quelques semaines seulement.

Un intérêt pour la permaculture après la naissance de ses filles

Issu du monde de l’informatique, Noham Choulant a profité d’un licenciement fin 2015 pour se lancer dans un nouveau projet, plus proche de l’environnement. Il raconte : « Je n’étais pas du tout branché jardin mais lorsqu’on a eu des jumelles et emménagé sur un grand terrain, il y a quatre ans, j’ai commencé à m’intéresser à la permaculture. »

Noham Choulant au milieu d'un jardin partagé d'entreprises à Reichstett, dans le Bas-Rhin.
Noham Choulant au milieu d'un jardin partagé d'entreprises à Reichstett, dans le Bas-Rhin. - B. Poussard / 20 Minutes.

Visant à intégrer l’agriculture dans tous les domaines (« jusque dans l’habitation, l’éducation ou le high-tech, c’est bien plus que du jardinage », définit-il), ce mouvement est presque devenu son mode de réflexion. Et comme il ne voulait pas quitter le monde de l’entreprise, c’est par un projet de jardin d’entreprises qu’il a lancé sa boîte.

Une boîte lancée pour installer des jardins comestibles en entreprise

Nommée PlantOburo, son entreprise installe donc, comme une petite dizaine d’autres en France, des jardins comestibles en entreprise gérés, ensuite, par les salariés. « L’idée de la permaculture, c’est qu’entre la voiture et le bureau, les salariés puissent récupérer des légumes ou des fruits », complète Noham Choulant, débordant d’idées écolos.

Plutôt lucide à plusieurs titres (entre le bien-être des salariés, l’environnement ou le management), le concept a pourtant du mal à prendre. Des films comme Demain ont de quoi permettre la propagation de ces idées. « On y arrivera, il y a vraiment beaucoup d’intérêt, mais pour le moment, c’est souvent une question de finances qui bloque. » A l’heure actuelle, c’est aussi le cas pour son bac potager, encore légèrement amélioré (et même agrémenté, dans le futur, d’enceintes) mais en attente d’investisseurs, après un financement participatif décevant. Pourtant derrière, le projet est prêt à pousser, entre bureau d’études, futur fabricant et chaîne d’expédition organisés localement.