Strasbourg : Un carburant moins polluant peut remplacer le gazole, « mais le bug, c’est la fiscalité »

ENVIRONNEMENT La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) en accord avec Shell expérimente sur dix bus en condition réelle d’exploitation, un carburant alternatif, le GTL, qui présente de nombreux avantages sur le diesel mais se frotte à la fiscalité française…

Gilles Varela

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Strasbourg le 2 juin 2013. Illustration pompe à essence diesel.

Strasbourg le 2 juin 2013. Illustration pompe à essence diesel. — G.VARELA / 20MINUTES

Et si c’était une solution ? En tout cas, la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) y croit. Depuis près de six mois, elle expérimente avec succès, sur dix bus gazole, un carburant alternatif issu du gaz naturel, le GTL (Gas to liquids). Et c’est une première en France.

Une solution immédiate

C’est à la demande et en partenariat avec la compagnie Shell, que la CTS s’est lancée dans l’aventure en septembre : « Cela s’inscrit parfaitement dans notre logique de transition énergétique, pour un air propre. C’est une solution parmi d’autres, mais qui permet, dans l’immédiat, de diminuer les émissions de particules fines. Cela permettrait d’accompagner la fin de vie de nos véhicules diesel », assure Alain Fontanel, président de la CTS, compagnie qui compte encore une centaine de bus gazole. Et l’histoire serait presque trop belle :  moins polluant (-20 % d’émission de particules fines), plus confortable, inodore, ce carburant ne demande aucun aménagement de structures ou sur les moteurs. Cerise sur le gâteau, il est même miscible au gazole traditionnel. Selon les premières constatations de la CTS, le carburant tient toutes ses promesses et n’est plus cher que de quelques centimes que le gazole, alors qu’il permet en même temps de faire des économies significatives de maintenance sur les moteurs, notamment sur les filtres aux particules fines, réduisant ainsi les coûts.

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Convaincre Bercy

Oui, « mais le bug, c’est la fiscalité », concède Alain Fontanel. En effet, si le produit va bénéficier prochainement d’une autorisation de mise sur le marché, sa fiscalité sur les autres carburants n’est pas encore alignée. Alors que l’entreprise récupère la taxe sur les carburants, (la TICPE), ce n’est pas le cas pour le GTL. En clair, sur la seule exploitation de ses bus diesel, cela impliquerait un surcoût de 200 000 euros à la CTS. Aussi, elle va, via l’Eurométropole, essayer de convaincre le ministère à Bercy et s’adresser également au ministère de l’Environnement sur les bienfaits de ce « diesel alternatif » pour faire lever cet obstacle fiscal… et éclaircir ainsi l’horizon.