Attentat à Berlin: Reportage au marché de Noël de Fribourg.
Attentat à Berlin: Reportage au marché de Noël de Fribourg. - A. Ighirri / 20 Minutes
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De notre envoyée spéciale à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne),

En voyant le sourire que cette mère adresse à sa fille devant ce chalet du marché de Noël de Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne, difficile de croire qu’à 800 km de là, dans le marché de Noël de la capitale, la situation est dramatique. « Je lui avais promis de l’emmener aujourd’hui », confiera ensuite la maman.

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Rire et sourire

Au lendemain de l’attentat à Berlin, qui a fait au moins 12 morts et 48 blessé, rien ou presque ne transparait ce mardi en fin d’après-midi dans l’un des marchés de Noël les plus populaires du pays.

Sur la place de la mairie (Rathausplatz) de Fribourg, les gens sourient, rient de bon cœur même. Les plus petits se ruent sur le manège quand les plus grands se jettent sur les stands de vin chaud. Et quand on ne boit pas, on mange avec gourmandise des crêpes ou spécialités à l’instar des Käsespeatzles. On peut même voir une petite fille se dandiner en écoutant une reprise de Jingle Bells à la flûte de pan et ukulele.

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Familles et touristes au rendez-vous

Les personnes âgées, les jeunes, les couples, les familles sont là. Vers 16h30 ce mardi, on ne se marche pas dessus mais les visiteurs sont nombreux.

Les touristes ont aussi répondu présents : dans les allées du marché, ça parle allemand bien sûr, anglais, italien et très souvent français. Philippe est venu d’Alsace avec toute sa famille visiter le marché de Noël de Fribourg ce mardi : « C’était prévu depuis un moment. Après Nice, on a tous continué à vivre en France. Difficilement peut-être, mais  on a tous repris notre quotidien. Ce sera pareil ici, estime l’Alsacien. Et en venant ici, c’est aussi une façon de montrer notre solidarité avec nos voisins allemands. »

Tous semblent avoir entendu le message du gouvernement allemand qui a décidé de maintenir les marchés de Noël dans le pays et a encouragé tout le monde à profiter de ces instants.

« C’est horrible »

Oublient-ils pour autant le drame survenu à Berlin lundi soir ? Evidemment que non. Parfois derrière les sourires, les visages sont plus graves. Dans le coin de stand spécialisé dans la pomme de terre, cette dame vient réconforter un jeune homme. Lui passe la main sur la joue avant de lui glisser quelques mots.  Elle reprendra ensuite son travail. « C’est horrible ce qu’il s’est passé à Berlin. Mais la vie continue. Il fallait bien ouvrir le stand aujourd’hui. On n’oublie pas les victimes et leur famille pour autant », assure celle qui est allée se recueillir ce mardi matin.

Ce groupe de jeunes croisé un peu plus loin est sur la même longueur d’ondes. « J’ai été choqué... Mais si on ne sort plus à cause de ça, parce qu’on a peur, qu’est-ce qu’on fait ? On reste à la maison et on attend ? », s’interroge Stefan. D’autres auront toutefois un peu plus de mal à mettre des mots sur les maux et préfèreront poursuivre leur visite du marché de Noël sans répondre aux questions.

Police en force

A partir de 17h, les visiteurs se font encore un peu plus nombreux. Avec eux arrivent les forces de l’ordre, jusqu’à présent très discrètes. Certains policiers se positionnent à l’une des entrées du marché, on en croise quelques autres devant les stands. Pas de barrages filtrants ou de fouilles comme on peut en trouver au marché de Noël de Strasbourg par exemple.

Il faut dire que le centre-ville historique de Fribourg, et notamment la Rathausplatz où se concentre la majeure partie des quelque 125 chalets du marché, est difficilement accessible en voiture. Les rues y sont étroites et la place est entourée de grands monuments.

De l’autre côté de ces bâtiments justement, l’allée commerçante. Les Allemands y font leur shopping, semblent pressés, le tram passe au milieu de l’avenue. Et on commence déjà à regretter le brouhaha chaleureux autour des stands de vin chaud.

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