A l’école de la Meinau à Strasbourg, tous les enfants sont désormais au courant. Forcément, à la sortie des classes mardi, l’arrestation d’un des animateurs périscolaires - « apprécié » - soupçonné de planifier un attentat est dans toutes les bouches. « Mais chaque élève a sa réaction », décrit Aude, maman de trois enfants. Les parents aussi…

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Première recommandation : en parler

Pour faire face au mieux aux interrogations des enfants, en parler apparaît comme la meilleure option. C’est ce que recommande la professeure de psychopathologie à l’université de Strasbourg Marie-Frédérique Bacqué : « L’inquiétude des enfants dépend souvent de celle des parents. C’est important que les parents s’expriment avec vérité et authenticité. »

Aude va dans ce sens : « Je n’ai pas laissé mes enfants partir sans en discuter alors que je savais. Je ne voulais pas qu’ils l’apprennent par des bruits de couloir ou leurs copains, et qu’ils se fassent des films. » « L’image renvoyée par les parents est primordiale », insiste Marie-Frédérique Bacqué, également psychologue. Avec recul et posée, de préférence.

En discuter « calmement » et avec des éléments « concrets »

Même superficielle, l’information est recommandée par la récente auteur de la préface de Dis maîtresse, c’est quoi la mort ?. Une mission compliquée à l’école de la Meinau où nombre d’écoliers décrivent bien aimer leur animateur arrêté. « Je vais tout faire pour éviter qu’ils en parlent, ils sont trop petits, estime un autre père. On avisera s’ils le font. »

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Même réaction avec une maman détournant les questions de son jeune fils, en larmes tous deux mardi midi. « J’encourage les parents se questionner eux-mêmes et en couple afin de limiter les interventions à chaud », enchaîne la psychologue spécialiste, notamment, du rapport à la mort et qui précise que « dès six ou sept ans, les enfants peuvent comprendre ».

Une réunion après la classe mercredi pour répondre aux questions

A condition de trouver la meilleure parole. « Après les attentats du 13 novembre 2015, j’avais reçu des enfants de quatre ans choqués, simplement, par la télévision restée allumée devant eux, illustre Marie-Frédérique Bacqué. Il s’agit d’expliquer que le danger a toujours existé, mais que la police ou les encadrants travaillent pour le contrôler. »

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Afin d’informer et rassurer, la municipalité et l’académie de Strasbourg ont justement organisé une réunion à l’école de la Meinau mardi, à la sortie des classes. « C’était important pour répondre aux interrogations ou angoisses des enseignants, des parents et des enfants, afin que l’école redevienne normale », estime Stéphane, à la sortie.

Un soutien psychologique au sein de l’école dès mercredi

Dès mercredi, au lendemain de ces échanges jugés à l’unanimité « constructifs », un soutien psychologique sera donc mis en place dans les locaux de l’établissement, au sein d’un espace dédié. Pour une semaine et plus si nécessaire, des psychologues de la ville ou de l’académie seront ainsi disponibles à tous ceux qui en ont besoin.

« Il faut expliquer, dire les choses, reprend l’inspecteur académique Jean-Baptiste Ladaique. Pour accompagner, dans ces moments. Et puis aussi reposer le cadre et rappeler le rôle des uns et des autres. Parce que celui de l’école, c’est notamment le vivre ensemble. » Avec les mots ou les symboles adaptés, les enfants devraient être entourés.