VIDEO. «La France a un incroyable talent»: Les Bi-bouches du Neuhof vont ramener leur «Terter» sur M6

TELEVISION Les Bi-bouches, groupe du quartier du Neuhof à Strasbourg, vont rapper dans le concours télévisé de M6 ce mardi à 21h...

Alexia Ighirri

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Jamylla et les Bi-bouches, du quartier du Neuhof à Strasbourg au plateau de La France a un incroyable talent.

Jamylla et les Bi-bouches, du quartier du Neuhof à Strasbourg au plateau de La France a un incroyable talent. — Etienne JEANNERET/M6

Les Bi-bouches sont déjà bien connus dans le quartier du Neuhof à Strasbourg. Ils vont faire connaître un peu plus encore leur rap grâce à leur passage ce mardi dans La France a un incroyable talent, à 21h sur M6. Le groupe formé par Jamila Haddoum et ses deux enfants de 5 et 6 ans ont déjà deux titres à leur actif – bientôt un troisième titre avec Hé Poto – et des centaines de milliers de vues sur les réseaux sociaux. C’est avec Le Terter (comprendre le quartier) qu’ils vont tenter de séduire le jury. Comme pour leurs précédents clips, les Strasbourgeois seront accompagnés d’autres enfants du Neuhof.

>> Le titre Le Terter qui sera interprété dans le concours télévisé de M6 mardi

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Jamila, comment un groupe du Neuhof se retrouve à « La France a un incroyable talent » ?

Je faisais déjà de la musique dans le duo Djiness. On avait fait un bon bout de chemin avec l’enregistrement d’un album et des guests comme Abd Al Malik ou Rohff. On s’est arrêté mais je n’avais jamais vraiment digéré. J’ai montré d’anciens clips à mes enfants, ils ont aimé, on a alors enregistré un premier titre Quel Mytho. Quand on a l’a mis sur les réseaux sociaux, on a eu énormément de messages. Ça nous a motivés pour la suite. Ma cousine connaît une casteuse, elle lui a parlé de notre groupe. Et on nous a proposé de faire l’émission.

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Avez-vous immédiatement accepté ?

J’étais sceptique d’abord, j’avais peur de me faire juger. Je craignais surtout Gilbert (Rozon, l’un des jurés) qui peut être méchant. Ça me faisait marrer devant ma télé mais quand on est concerné, on ne prend pas les choses de la même manière (Rire). J’ai un poste de responsable dans le quartier, j’ai des enfants, je ne voulais pas donner le bâton pour me faire battre. Mais puisque je crois en notre projet…

Comment vous êtes-vous préparé ?

On s’est entraîné sur Le Terter tout l’été, sur le chant et la chorégraphie. Ce n’est pas rien comme scène La France à un incroyable talent. Il y a eu beaucoup de concessions, on a annulé des sorties à la piscine. Je me suis rendue compte que c’est compliqué avec les enfants. Il fallait garder une certaine rigueur mais je n’ai pas mis de pression. Je leur ai avant tout dit qu’on y allait pour s’amuser, pour délirer. On a déjà tout gagné en y participant.

Certaines personnes estiment que les parents poussent les enfants à faire de tels concours…

Il y a des parents qui déposent leur enfant au foot et qui viennent le rechercher à la fin. Moi, je rentre au studio avec mes enfants (Sourire). Quand les enfants ne veulent pas, ils ne veulent vraiment pas. Les miens ont aussi leur période. Et puis en étant présente, je les protège aussi sur beaucoup de choses. Je demande beaucoup leur avis, il y a un réel échange. Plus je les implique et plus ils savoureront. Et puis cette aventure nous a permis de voyager ensemble à Paris, de faire pleins de rencontres.

Qu’attendez-vous de ce passage à la télévision ?

D’être peut-être repérés. On sait que ça peut s’arrêter à tout moment et on continuera alors dans le quartier. Si ça marche, on galérera un peu moins. Même si ça ne donne rien, ce n’est pas grave on a tellement apprécié l’expérience : la musique c’est ma passion mais je n’aurais jamais pensé être là avec mes enfants.

Avec un titre qui n’est pas anodin…

Le Terter veut se servir de clichés pour montrer qu’on condamne une partie de la jeunesse des quartiers alors que beaucoup sont motivés. Je travaille avec les jeunes qui n’arrivent pas à trouver de travail parce qu’on leur reproche leur façon de parler, leur intonation. Alors qu’ils sont motivés. Les gamins parlent aussi comme ça, ce n’est pas pour autant que ce sont de futurs délinquants. Ce titre veut démontrer que ce n’est parce qu’on est issu d’un quartier que l’avenir est sombre. Tout n’est pas parfait, je fais aussi attention, mais je suis persuadée qu’il y a de très bonnes choses dans les quartiers.