On n’arrête pas le progrès. Et si au vu des lauréats du concours d’innovation Alsace Tech 2016 l’expression se confirme, c’est le secteur de la santé qui semble en profiter le plus. Deux projets primés tentent de mettre des innovations technologiques au service de pathologies.

Le premier est porté par Léa Dejob, Shirley Engrand et Emeline Mestdach, étudiantes de l’Ecole nationale supérieure de chimie de Mulhouse (ENSCMu), et Léa Pasquier du CFA bijouterie de Semur. Intitulé « Baggluco », il vient en aide aux personnes diabétiques : il s’agit d’une bague permettant de mesurer la glycémie en continu dans la sueur produite sous le silicone constitutif de la bague. Exit les prélèvements de sang, contraignants, douloureux et qui manquent de discrétion. Le système dispose d’une alarme visuelle et sonore pour alerter le malade et d’un microprocesseur qui enregistre les données pour pouvoir les transférer ensuite sur un ordinateur.

Toutes nos félicitations à Léa Dejob, Shirley Engrand et Emeline Mestdach, en 2e année à l'ENSCMu, qui ont obtenu le 3e...

Posté par ENSCMu - Ecole nationale supérieure de chimie de Mulhouse sur lundi 14 mars 2016

Le second projet est né d’une collaboration entre deux étudiants du Master neurosciences à l’Université de Strasbourg, Lucie Rauch et Baptiste Letellier, et deux étudiants de l’Ecole nationale du génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg (Engees), Eva Fumagalli et Nicolas Reiminger. Ensemble, les jeunes Strasbourgeois (entre 20 et 25 ans) ont imaginé «  Efficient healthcare for epilepsy », un casque connecté et design qui détecte les crises d’épilepsie et prévient en direct l’entourage.

« Dommage de ne pas s’en servir »

Durant cinq mois, Lucie, Eva, Baptiste et Nicolas ont mis au point « une sorte de serre-tête, un arceau qui passe derrière la tête et les oreilles que l’on peut déplacer selon les crises et qui est équipé de trois électrodes. On voulait quelque chose de léger pour ne pas être stigmatisant, parce que c’est l’une des craintes des épileptiques. ».

Et bien qu’issus de deux formations différentes, les étudiants strasbourgeois se sont facilement retrouvés autour d’une idée : « l’aspect humain » du projet, l’aide qu’il peut apporter au quotidien. « Avec toutes ces technologies, il serait dommage de ne pas s’en servir pour aider les gens », assurent les jeunes.

Une application pour relais

« On veut développer une application pour smartphone ou montre connectée, qui servirait de relais en envoyant un message aux proches ou en alertant l’entourage sur place par de la lumière ou un message préenregistré qui tournerait en boucle », expliquent les quatre étudiants. Les concepteurs préviennent toutefois : « C’est une aide à un moment donné ou un moyen de rassurer la personne souffrant d’épilepsie et sa famille, mais ce n’est pas un substitut au traitement ».

Ainsi plutôt que de les vendre, le quatuor compte louer ces casques. L’objectif a été fixé à 300 locations la première année, et à 700 d’ici à fin 2018. Pour cela, une campagne de financement participatif sera lancée fin 2016.