L'opposition au GCO peut-elle donner lieu à la naissance d'une ZAD en Alsace? (Photo d'illustration à Notre-Dame-des-Landes)
L'opposition au GCO peut-elle donner lieu à la naissance d'une ZAD en Alsace? (Photo d'illustration à Notre-Dame-des-Landes) - SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Après Sivens ou Notre-Dame-des-Landes, bientôt une « zone à défendre » (Zad) dans le Kochersberg, près de Strasbourg, contre le projet autoroutier du Grand contournement ouest (GCO) ?

Certes l’opposition au GCO n’est pas nouvelle, mais plus le projet de contournement se concrétise et plus la détermination grandit du côté des opposants. Et l’hypothèse d’une Zad n’est « pas exclue », dixit Luc Hubert, porte-parole du collectif GCO Non Merci qui regroupe associations, citoyens et élus estimant, entre autres, que ce projet autoroutier ne résoudra en rien les problèmes de trafic et de pollution de l’A35.

« On a le droit d’être fâché »

« Tous les opposants ne sont pas forcément pour, cela crée de la discussion en interne, indique Bruno Dalpra, secrétaire régional de l’association Les Amis de la Confédération Paysanne Alsace. Moi, je suis plutôt favorable à une “zadification” du tracé, même si ce n’est pas le but. Les porteurs du projet ont une façon d’agir qui nous oblige à monter d’un cran notre opposition. »

Dany Karcher, maire de Kolbsheim concerné et opposé au projet - « qui ne tient pas la route »-, estime que l'« on risque d’aller vers ça. Il faut, hélas, de la zizanie pour qu’on en parle. Quand on voit qu’on se moque de nous, je pense qu’on a le droit d’être fâché et de faire la gueule » L’élu assure qu’il serait « le premier à comprendre si des gens occupaient les lieux » et n’irait pas les déloger.

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Si elle est évoquée, l’idée d’une Zad alsacienne n’est pour l’heure pas privilégiée. Comme tous les opposants interrogés, l’association Alsace Nature souhaite que « le projet finisse par mourir avant d’en arriver là », note sa secrétaire régionale Marie Marty, qui prévient : « La Zad est un concept mouvant. Il faut qu’une alchimie se crée, elle n’est pas transposable. On soutiendra une occupation du terrain, mais on n’est personne pour dire si on doit la faire ou non. Si le mouvement se crée, on sera présent. Mais ça ne se décrète pas ».

Des endroits stratégiques

Et si un jour ce mouvement d’occupation de terrain se crée, « ce sera sur certaines zones stratégiques du tracé, poursuit Luc Hubert. On n’est pas sur une implantation fixe, d’où l’idée de mettre des cabanes anti-GCO à intervalles réguliers. Il y a des zones plus stratégiques que d’autres, comme Kolbsheim, Vendenheim, Ernolsheim. »

Sans forcément prendre le risque de débordements : « On a pu lire que certains élus, favorables au projet, comparaient les Zadistes aux Black Blocks de l’Otan. C’est de la provocation ! », juge Marie Marty. Elle est rejointe par Bruno Dalpra, assurant que « pour en connaître de Notre-Dame-des-Landes, ce ne sont pas des voyous ou des délinquants. Ce sont des gens intéressants à connaître. Il ne faut pas se focaliser sur les quelques éléments perturbateurs qui existent comme partout ailleurs ».

CE SAMEDI 12 MARS, inauguration de la 6e cabane du Collectif GCO-Non Merci. L'heure est à la mobilisation pour contrer...

Posté par Commune de Vendenheim sur lundi 7 mars 2016

En attendant une possible ZAD, les opposants ont programmé une occupation festive « la Réserve du Bishnoï », les 2 et 3 avril, qui aura lieu entre Ernolsheim/Bruche et Kolbsheim avec concerts, animations nature, village de la Convergence, forums-ateliers et restauration.

Avant cela, ils inaugureront leur nouvelle cabane anti-GCO (la sixième) sur la RD41 entre Stutzheim-Offenheim et Oberhausbergen ce samedi 12 mars.

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