Mulhouse, le 26 février 2016. - Le syndicaliste CGT Joël Moreau a été condamné, ce vendredi, par le tribunal correctionnel de Mulhouse à 250 euros d'amende, ainsi que 500 euros avec sursis, pour des «outrages» envers des forces de l'ordre et le Premier ministre Manuel Valls à l'occasion d'une manifestation lundi 22 février 2016.
Mulhouse, le 26 février 2016. - Le syndicaliste CGT Joël Moreau a été condamné, ce vendredi, par le tribunal correctionnel de Mulhouse à 250 euros d'amende, ainsi que 500 euros avec sursis, pour des «outrages» envers des forces de l'ordre et le Premier ministre Manuel Valls à l'occasion d'une manifestation lundi 22 février 2016. - SEBASTIEN BOZON / AFP

Des pancartes « Je suis Joël » ont fleuri devant le tribunal correctionnel de Mulhouse, ce vendredi matin. Le militant CGT Joël Moreau y était jugé pour «outrages» envers des forces de l'ordre et le Premier ministre Manuel Valls à l'occasion d'une manifestation lundi à Mulhouse. Il a été condamné à 250 euros d’amende, ainsi que 500 euros avec sursis.

« Valls je t’emmerde »

« Je ne reprends pas le vocabulaire que vous avez développé. Vous avez reconnu les mots prononcés. Les faits d’outrage sont constitués », a estimé le juge du tribunal correctionnel de Mulhouse, devant lequel Joël Moreau, 69 ans, comparaissait dans le cadre d’une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité.

A l’issue de l’audience, cet ancien responsable syndical à PSA a raconté que c’est parce qu’il avait lancé « Valls je t’emmerde » et repris le slogan de mai 1968, « CRS SS », qu’il avait dû passer 19 heures en garde à vue de lundi à mardi. Son avocat a précisé que Joël Moreau n’avait pas l’intention de faire appel.

150 militants syndicaux devant le tribunal

Il avait été interpellé par les forces de l’ordre lors d’une manifestation en marge d’un déplacement de Manuel Valls, Emmanuel Macron et Myriam El Khomri, venus lundi à Mulhouse défendre le projet de loi sur le travail.

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A sa sortie du tribunal, Joël Moreau, sourire aux lèvres, a levé le poing de la victoire sous les vivats de quelque 150 militants syndicaux scandant les traditionnels slogans « Résistance » et « Tous ensemble ».

« Nous faire taire, jamais ! »

« Si Valls voulait nous faire taire, c’est raté », a commenté Joël Moreau : « On ne parle pas de sa visite mais de mon arrestation ». « Dans l’énervement je regrette souvent ce que je dis, même si parfois je me dis que c’est pas mal de rappeler l’histoire aux policiers », a-t-il confié aux journalistes.

Le syndicaliste a ensuite pris le micro devant les militants : « J’ai réfléchi à ce que nous pourrions dire aujourd’hui : “Valls je t’enquiquine, Valls je t’importune.” Ne nous laissons pas museler. Nous faire taire, jamais ! ».

 

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