La voiture à hydrogène est-elle le véhicule propre de demain?

AUTOMOBILE Toyota a lancé en Europe la commercialisation de sa berline à pile à combustible à hydrogène baptisée Mirai...

Alexia Ighirri

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Toyota se lance dans la commercialisation de la voiture à hydrogène avec une berline à pile à combustible baptisée Mirai.

Toyota se lance dans la commercialisation de la voiture à hydrogène avec une berline à pile à combustible baptisée Mirai. — Naoki Ogawa/AP/SIPA

Et si le secteur automobile prenait le virage de l’hydrogène ? C’est en tout cas la voie sur laquelle Toyota s’est engagé. La Toyota Mirai, première voiture à pile à combustible (PAC) à hydrogène du groupe, une berline dont la commercialisation vient de débuter en Europe (en 2017 en France), est vendue comme l'« éco-voiture » idéale par le président de Toyota France.

Pascal Ruch, de passage à Strasbourg pour présenter le groupe automobile et ses nouveaux modèles, assure que « sur le plan environnemental, elle ne rejette que de l’eau ». Elle est équipée de deux réservoirs d’hydrogène (sous une pression de 700 bars) qui, au contact de l’oxygène, produit du courant électrique pour alimenter le moteur.

« Beaucoup d’avantages »

« Il n’y a aucune contrainte en termes d’utilisation, avec son autonomie de 500 km, son temps de recharge de trois minutes et sa conduite agréable. En plus, techniquement, on sait le faire puisqu’on en fabrique des petites séries depuis 2015. Ce qui nous fait penser qu’elle a un avenir extrêmement intéressant », poursuit celui qui tient à rappeler que Toyota a toujours eu pour ambition de tendre vers la mobilité durable : « L’hybride est la pierre angulaire de notre réflexion. C’est la technologie d’aujourd’hui et des dix ans à venir. Mais il y a d’autres technologies : le tout électrique dans un cadre urbain et le véhicule à PAC hydrogène qui présente beaucoup d’avantages ».

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La voiture à hydrogène tiendrait donc presque de la solution miracle. Mais à l’association Agir pour l’Environnement « on a quelques réserves », souligne son délégué général Stephen Kerckhove. « En fait, on pense la même chose que pour les voitures électriques… La question n’est pas seulement de trouver une nouvelle motorisation mais aussi de voir comment fabriquer son carburant. Il faut se demander comment est produit l’hydrogène. Si on a besoin du charbon ou du nucléaire pour le produire, cela reporte la pollution. »

Améliorer le rendement des énergies renouvelables

Pour Stephen Kerckhove, tout dépendra alors du mix énergétique de chaque pays. « Si l’hydrogène est produit à partir d’énergies renouvelables, si par exemple on se sert du creux de consommation d’éolienne pour alimenter les véhicules, alors c’est parfait. », admet-il.

S’il salue le « gros avantage » des véhicules à hydrogène, celui « de n’émettre aucun CO2 », Rodolphe Gie, directeur de programme Energie et Propulsion au Pôle Véhicule du futur de Strasbourg, note que « de nos jours, on regarde les émissions de la production à l’usage du véhicule ». Il encourage, lui aussi, la production d’hydrogène à partir d’énergies renouvelables pour être « totalement vert, 100 % propre », mais voit « très clairement dans cette solution, l’un des véhicules du futur. Ce ne sera pas le seul mais il viendra compléter l’électrification des véhicules ».

Un coût à diviser par deux

Aux yeux de président de Toyota France, restent deux principaux enjeux : le développement des stations de recharges, et la réduction du coût de ces voitures à hydrogène. « Elles coûtent 60.000 euros aujourd’hui. D’ici plusieurs années, on devrait tomber autour de 30.000 euros pour un tarif comparable aux autres berlines. Sachant qu’en moins de dix ans, on a déjà divisé par 20 le coût des composants électriques et techniques », chiffre-t-il.

Toyota prévoit à l’horizon 2050 de ne plus fabriquer de véhicule thermique : le groupe automobile a donc un peu de temps pour trouver de nouvelles solutions à ces questions.

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