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Avec - Jamylla et les Bi-bouches / Le Terter / Clair2Lune

« On fait un clip ? » Dimanche matin, à peine réveillée, Jamila Haddoum est sollicitée par l’un de ses deux garçons pour tourner un nouveau clip de rap. Lyam et Yanis, 4 et 5 ans, sont les « bi-bouches », les deux acolytes de Jamylla, le « blaze » de leur mère sur les titres hip-hop que le trio produit. Avec Le Terter (comprendre le quartier), Jamila Haddoum joue des clichés qui collent au Neuhof « en mode gamin », explique-t-elle.

« LE TERTER » JAMYLLA & LES BI-BOUCHES

« LE TERTER » JAMYLLA & LES BI-BOUCHESParler avec humour des préjugés et clichés des quartiers. « Le naturel des quartiers n’est pas un danger ! son langage et sa gestuelle ne doit pas être mal jugé » clip officiel #Jamylla officiel©2016-clair2lune.com

Posté par Jamylla Officiel sur vendredi 15 janvier 2016

 

Bling, Pez et lapin

Ainsi quand les « bi-bouches » – petit nom affectueux que la maman a inventé – « représentent le bling et le pèze », ceux-ci parlent des bonbons Pez connus pour leurs distributeurs à tête de héros pour enfants. Quand ils paient leur tournée, c’est à coup de biberons et leur molosse est un lapin. « Des enfants de 4 ou 5 ans de quartier sont-ils de forcément de futurs délinquants ? », lance Jamila Haddoum, connue précédemment avec le duo Djiness.

La jeune femme regrette qu’on stigmatise le Neuhof. « Le quartier est devenu synonyme de drogue, de bagarre, de délinquance… ça existe mais il y a aussi des jeunes diplômés, motivés pour travailler. La gestuelle ou le langage ne sont pas un danger », souligne l’animatrice au CSC Neuhof qui ne sait plus quoi dire aux jeunes dont les CV ne retiennent pas l’attention à cause de leur code postal. Une expérience « choquante » qu’elle-même a connue une fois pour un poste de buraliste.

Plus de 500.000 vues

Avec Le Terter ou avec le clip fait par les enfants du Neuhof incitant à aller voter entre les deux tours des élections régionales – vu plus de 80.000 fois –, Jamila Haddoum tente de montrer une autre image du Neuhof. Certains clichés sur le quartier étaient apparus dans le clip Eider qui avait défrayé la chronique en mai : armes, préparation de la drogue.

« J’avais mal pris le clip sur ce qu’il montrait du quartier. Rien de nouveau. Pourtant toute la presse avait débarqué », peste encore la rappeuse. Finalement, son hip-hop familial supplante le clip stupéfiant avec plus de 500.000 vues contre 400.000.

>> A lire aussi : Au Neuhof, le clip d’Abdelos ne fait pas peur, mais sa médiatisation agace.

Après les clips, les deux fils de Jamila Haddoum vont découvrir la scène samedi à l’espace Django Reinhardt, pour la soirée inaugurale de la nouvelle équipe qui gère la salle du Neuhof. Dimanche matin, l’un des deux « bi-bouches » cueillera peut-être sa mère au réveil d’un tonitruant : « On refait une scène maman ? »

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