Si en France tous les mouvements de promotion des langues régionales appellent à manifester samedi, en Alsace elle prend une signification toute particulière à l’aube de la réforme territoriale et de la formation de la Grande Région Est.

Des promesses, toujours des promesses

« Malgré les promesses, une charte européenne dont les exceptions rendent sa mise en pratique impossible, il n’y a pas de progrès sur le statut des langues régionales. Leur enseignement reste livré à la discrétion de l’administration qui ne le développe que sous la pression des parents. C’est une politique de la demande et pas de l’offre », regrette Pierre Klein, président de l’Initiative citoyenne alsacienne (ICA).

« La réforme territoriale va aggraver la situation, il n’y a pas d’avancée et on se pose des questions car lorsque l’on sera noyé dans la Grande Région… et la collectivité culturelle alsacienne est tout particulièrement touchée parce qu’elle est privée d’un cadre institutionnel propre, il faut changer la base légale, il faut changer le système », ajoute Jean-Marie Woerhrling président de Culture et bilinguisme d’Alsace.

Les revendications

Aussi les revendications des diverses associations qui manifesteront samedi portent essentiellement sur la formation des enseignants, mais aussi la mise en place d’enseignants « immersifs en langue régionale », l’organisation d’activités périscolaires et extrascolaires en langue régionale, la continuité de l’enseignement bilingue (allemand standard et dialectes régionaux) jusqu’à l’enseignement supérieur, la reconnaissance d’un droit pour les parents qui veulent obtenir un enseignement dans une langue régionale pour leurs enfants…

Au bout du rouleau

Nous sommes un peu au bout du rouleau. Il y a de moins en moins d’élèves qui peuvent bénéficier d’un enseignement bilingue paritaire. En Alsace, il n’y a que 1.250 élèves qui ont, grâce aux écoles ABCM Zweisprachigkeit, d’un enseignement bilingue avec "l’allemand standard" et l’alsacien. »

Pas de prise de parole des politiques

Selon les organisateurs, la manifestation (départ à 14 h place de la gare) devrait rassembler plus encore qu’en 2012 où 1.000 personnes étaient venues manifester leur mécontentement place Kléber. Mais Jean-Marie Woerhrling préfère prévenir : « Ce n’est pas une opération politique. La dernière fois il y avait une tribune, tout le monde a dit ses bonnes intentions et rien n’a bougé. A l’approche des élections régionales et de la réforme territoriale, nous ne voulons pas de promesses de politiciens. Ceux qui veulent intervenir pourront le faire le matin lors d’une table ronde au FEC. »