Strasbourg: Se chauffer ou se déplacer grâce aux eaux usées, une première en France

PLANETE Première injection de biométhane produit à partir des eaux usées mardi dans le réseau de gaz naturel à la station d’épuration de la Wantzenau…

Gilles Varela

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02092014-STR-Les deux digesteurs (fabrication du biogaz) avant la transformation en Bio méthane à la station d’épuration de Strasbourg

02092014-STR-Les deux digesteurs (fabrication du biogaz) avant la transformation en Bio méthane à la station d’épuration de Strasbourg —

C’est une première en France. Du biométhane, obtenu à partir des eaux usées de l’Eurométropole sera injecté directement mardi dans le réseau local de gaz naturel, dans le cadre d’un projet pilote dénommé Biovalsan. Cette nouvelle source d’énergie renouvelable devrait permettre l’alimentation correspondant, pour donner une image, aux besoins en chauffage de 5.000 logements respectant les normes BBC. Cela devrait également conduire la station d’épuration à réduire de 66 % ses émissions à effet de serre.

Un projet de longue haleine

La station d’épuration d’eau de la Wantzenau devient donc la première en France (juste avant Grenoble qui s’est lancé également dans la course), à proposer une énergie complètement propre. « Ce n’est pas une compétition mais une course de fond. Voilà quatre ans que nous travaillons sur ce projet. Nous sommes les premiers à enclencher cette nouvelle filière. Ce n’est pas une innovation mais l’intégration d’une technologie dans un cadre réglementaire qui n’existait pas », se félicite Sylvain Waserman, directeur général du Réseau gaz de Strasbourg (RGDS), l’exploitant local de gaz naturel.

La Ministre de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie, Ségolène Royal est annoncée à la station d’épuration, journée inaugurale, où les premiers m3 de biométhane vont être injectés. Une attention très appréciée, mais qui n’étonne pas chez RGDS : « Nous avons travaillé main dans la main avec le ministère pour cette nouvelle filière. Cela existe déjà, à moindre échelle, en Allemagne et dans les pays nordiques, mais c’est un énorme travail qui a été réalisé », précise Sylvain Waserman.

« Une vraie bonne idée »

Un projet pilote qui permettra aussi un premier retour d’expérience en France. Il sera un atout de taille pour la collectivité et les usagers qui utiliseront une énergie complètement propre, « ne nécessitant aucun véhicule de transport, contrairement à la biomasse, qui ne souffre d’aucune perte en ligne comme l’électricité, produit localement et qui peut être une solution à l’indépendance énergétique des territoires et qui ne nécessite pas de nouvelles grosses infrastructures. C’est un projet vertueux, une vraie bonne idée », renchérit Sylvain Waserman.

En revanche si les bénéfices pour l’environnement sont immédiats et évidents, il y a peu de chance de voir des répercussions directes dans le porte-monnaie des consommateurs, la grille tarifaire étant fixée par décret par l’Etat. Il n’y aura ni diminution, ni augmentation des tarifs. Une opération transparente donc mais qui, selon RGDS, devrait satisfaire les usagers qui savent à présent qu’ils ont le gaz le plus « vert » de France…