Strasbourg: Diagnostic alarmiste de médecins sur la qualité de l'air

POLLUTION Le collectif «Strasbourg Respire» appelle la ville, l'Eurométropole et la préfecture à améliorer la qualité de l'air...

Floréal Hernandez

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La qualité de l'air à Strasbourg selon le site Plume Labs, le 14 avril 2015.

La qualité de l'air à Strasbourg selon le site Plume Labs, le 14 avril 2015. — Capture d'écran www.plumelabs.com

Le jeudi 19 mars, Strasbourg était la ville la plus polluée de France. Ce jour-là, le plan aux particules fines était déclenché par l'Eurométropole. La préfecture limitait la vitesse de circulation «à 70 km/h pour tous véhicules sur les autoroutes d’accès à l’agglomération strasbourgeoise», la CTS activait le forfait journalier «pic de pollution», etc. Précédemment en février, un épisode de pollution aux particules fines a duré deux semaines.

Onze propositions pour baisser la pollution d'origine routière

Pour alerter sur la mauvaise qualité de l'air à Strasbourg, le collectif «Strasbourg Respire» a lancé une pétition auprès des médecins strasbourgeois. Soixante-sept ont apposé leur signature. Parallèlement à cette pétition «indépendante», dixit le docteur Thomas Bourdrel de «Strasbourg Respire», le collectif fait onze propositions «pour baisser la pollution d’origine routière»: de limiter la voiture à 30 km/h en ville à développer les transports fluviaux ou d'interdire en ville les poids lourds et les vieux bus diesel.

L'appel aux médecins est la dernière action que n'avait pas encore tentée «Strasbourg Respire». Avec celle-ci, le collectif alerte les médecins qui n'étaient pas encore au courant mais tire également «une sonnette d'alarme. Il faut prendre des mesures en accord avec les études scientifiques actuelles. Il y a un décalage entre celles-ci et ce que font l'Etat et la mairie», annonce le docteur Thomas Bourdrel.

«La pollution atmosphérique tue lentement»

La préfecture d'Alsace est incitée à prendre l'exemple de celle de Rhône-Alpes qui déclenche les procédures d’alerte en cas de seuil d’information (50µg/m3) persistant et non à 80µg/m3/24h. A l'Eurométropole, il est demandé de prendre contact avec Paris pour son plan de lutte de protection contre l’air.

«Strasbourg Respire» rappelle que «la pollution atmosphérique tue lors des pics» mais également «elle tue surtout sur le fond, lentement, année après année. Elle est directement responsable de cancers (particules fines cancérigènes de classe 1 pour le cancer du poumon, augmentation du risque de leucémie pour le benzène et ses dérivés), de bronchopathies chroniques (BPCO) ou encore d’accidents cardiovasculaires».