Arrivé devant le centre social et culturel du Neuhof, Abd Al Malik marque une pause. «Depuis quand c'est comme?, questionne le réalisateur de Qu'Allah bénisse la France en voyant les travaux du bâtiment de la rue Antoine-Becker. On a tourné ici à l'été 2013 et on découvre un autre endroit.»

La réponse obtenue – «Depuis six mois» –, Abd Al Malik avoue son émotion. «Le centre est différent. Ça n'a plus rien à voir. On était là, il y a 30 ans quand il a été construit. C'est ici que l'on répétait», se souvient le rappeur qui a débuté avec N.A.P avant de faire des albums solo.

>>> La bande-annonce de Qu'Allah bénisse la France d'Abd Al Malik.

«Le Neuhof, ma mère patrie»

Abd Al Malik est à Strasbourg pour présenter en avant-première son film Qu'Allah bénisse la France. Arrivé au Neuhof, on le voit lever la main pour saluer l'un ou l'autre au loin. Un sourire s'affiche sur son visage. «Le Neuhof, c'est ma mère patrie. J'ai grandi ici, c'est ma source, mes racines. Au-delà du Neuhof, les quartiers de France représentent quelque chose, lance-t-il. Il est important de montrer que l'humanité ne s'arrête pas à la frontière des cités.»

 

Le rappeur et réalisateur se mue «en porte-parole voire au moins porte-voix» du Neuhof, des quartiers. Il prend le temps de poser pour les photographes, de répondre aux questions. «On peut venir du Neuhof et être patient, sourit celui qui a remporté une Victoire de la musique en 2007 pour son album Gibraltar mais aussi chanté en alsacien. Nos attitudes comptent. Gamin, j'ai souvent été victime de la mauvaise image, de l'image tronquée du quartier.»

«C'est très bien ce qu'il fait pour la notoriété du quartier, il le représente bien», estime Henri, ancien facteur dans le quartier et toujours présent au centre social et culturel.